PARASHA VAHYAKEL
LA PARACHA DE LA SEMAINE: VAHYAKEL
"Les matériaux leur étaient suffisants pour tout l'ouvrage pour
l'exécuter et pour qu'il en restât." (Chémot 36:7)
Rachi commente: "les matériaux qu'on avait apportés, ceux qui
devaient faire le Tabernacle en avaient suffisamment pour tout l'ouvrage
du Tabernacle, pour l'exécuter et qu'il en reste".
Dans ces quelques mots, la Torah nous fournit en allusion tout le
fondement de la construction du Tabernacle et le secret de la
résidence de la Chékhina au sein d'Israël, comme le cite le verset: "vous
me ferez un Mikdach et je résiderai dedans".
Puisque la Torah a appelé l'offrande des matériaux du
Tabernacle par "tâche sacrée" et non pas par "amènement" ou
"présentation", on peut comprendre à un premier niveau par la
désignation "tâche sacrée", que si les enfants d'Israël n'étaient pas
scrupuleux à chaque ordre reçu sur la manière de
construire le tabernacle, s'il manquait même le moindre petit ustensile,
comme par exemple les pommeaux du candélabre avec ses fleurs ou si
les prescriptions concernant les mesures de chaque pièce
confectionnée n'étaient pas respectées, la présence divine ne pourrait
pas y résider.
Mais se limiter à cette explication ne suffirait pas, surtout après que
nos Sages, de mémoire bénie, nous enseignent que c'est précisément
par ces offrandes du coeur que le Tabernacle a été construit, par une
volonté pure, une aspiration idéale. Et donc, c'est ainsi que la Torah
met en relief plusieurs fois que c'est par "l'intelligence du coeur" que
le tabernacle a été construit. Et sans cela, nous n'aurions là qu'un corps
sans âme, un habitacle où ne réside pas la présence divine, c'est donc
pourquoi l'amènement des matériaux s'appelle "méla'ha", tâche sacrée,
car il y a vraiment un grand travail, un grand investissement spirituel
à fournir pour la construction de cette oeuvre!
C'est de même ce que nous pouvons déduire du verset de la paracha
avec l'ordre de D-ieu donna à Moïse "Prenez de chez vous un
prélèvement pour l'Eternel: que tout homme au coeur généreux
l'apporte ce prélèvement du Seigneur:" (Chémot 25:4). Il n'est pas dit
ici "apportez" ou "donnez le prélèvement", mais "prenez de vous", de
ce qui est en vous, c'est-à-dire qu'il est exigé de chacun de nous de
creuser et de chercher dans notre for intérieur un désir du coeur et une
aspiration authentique à s'approcher du Tout-Puissant, grâce à la
résidence de la présence divine dans Sa maison. Et c'est dans cet élan
de volonté particulier que tu ouvriras ta main pour apporter un
prélèvement pour l'édification du tabernacle.
Ainsi, il est en est demandé à chacun de nous à chaque offrande que
nous faisons, car après avoir déjà ouvert le porte-monnaie, ce qu'on
donnera, de son coeur on le donnera. A plus forte raison, l'essentiel de
la volonté divine réside en cela, comme nous l'enseigne nos Sages de
mémoire bénie: "Rabbi Its'hak a enseigné: "tout celui qui donne une
petite somme à un pauvre reçoit six bénédictions, celui qui le réconforte
par ses paroles reçoit onze bénédictions".
Puisqu'il a remonté le pauvre et l'a apaisé par des paroles
encourageantes, cela démontre que ses intentions n'étaient pas
superficielles, mais qu'il s'est associé spontanément à la douleur du pauvre
affecté par son manque d'argent. Et comme cela émane du plus profond
du coeur, c'est la preuve de l'accomplissement par excellence de la mitsva
de donner un prélèvement et à cela ont dit nos Sages: "Tout ce que
l'Eternel nous demande ce n'est rien que notre coeur!"
EDUQUER NOS ENFANTS
La colère
La responsabilité de l'éducation des enfants est le devoir des parents, dès leur
plus jeune âge, qu'ils ne trouvent pas chez leurs enfants de colère ou
d'emportement etc. et dès qu'ils ont l'âge de comprendre, leur dire qu'il grandit.
C'est un fait connu que chez les petits, la mida (trait de caractère) de colère est
plus grande que chez les adultes, car les petits n'ont pas encore d'esprit mûr
car qui donc peut leur inculquer un sens des valeurs? Donc même si une petite
chose sans importance venait à les contrarier, jusqu'à ce qu'ils en arriver à se
bagarrer, s'ils en avaient la possibilité, ils tueraient leur camarade de jeu pour
se calmer les nerfs.
Si par exemple, un petit enfant construit une barrière avec des morceaux de bois
et que survient son camarade et lui casse d'un coup de pied tout son travail.
Tout de suite l'enfant va s'emporter, va courir chez son père en criant et en
sanglotant comme si son copain l'avait tué. Maintenant, si son père à un peu
de bon sens, il va s'apercevoir tout-de-suite que toute la dispute est basée sur
des futilités. Il lui dira doucement:
"Ce n'est rien du tout ce qu'il t'a fait, mon fils. Il y a encore beaucoup d'autres
branches de bois parterre. Va et construit une nouvelle barrière en bois, elle
sera sûrement plus belle que la première.".
Et le père lui parlera comme cela doucement, jusqu'à que l'enfant comprenne
à son tour que toute l'histoire n'était en vérité rien du tout. Et de suite les enfants
feront la paix entre eux. Et de telles disputes se reproduisent sans cesse entre les
enfants. C'est pour cela que les parents devront surveiller leurs enfants
intelligemment afin que ceux-ci apprennent eux-mêmes la bonne conduite à
adopter en cas de conflits et sachent désamorcer tout-de-suite les tensions.
Nous avons évoqué ci-dessus le comportement de parents intelligents, mais si
maintenant le père est idiot et s'en fiche du futur de ses enfants, s'il se produit
le cas mentionné plus haut, tout de suite, le père va faire une enquête: "Mon fils
raconte moi qui t'a fais ce sale coup, moi je vais aller vers lui et lui donner
une bonne correction!"
Alors le père va aller chez l'autre enfant et le taper. Il en résultera une grande
dispute entre les parents des deux enfants, que D-ieu nous en préserve. De plus
les midoth du fils vont ainsi s'abîmer car il va grandir sans bonne éducation.
En effet, lorsqu'il sera adulte et qui lui surviendra un litige avec autrui, il va
tout-de-suite crier, le maudire et le frapper car son habitude se transformera en
nature profonde.
Et même encore étant jeune, la vie de l'enfant n'est pas une vie, comme nous l'
enseignent nos Sages de mémoire bénie: "Trois types de comportements
ravagent la vie de l'homme" et l'un d'eux c'est irascibilité (traité Pessa'him 113).
Car il va grandir avec cette habitude et ce feu néfaste qui brûle en lui, et pour
la moindre raison il va s'emporter.
Il incombe donc d'avoir pitié de nos âmes et de celles de nos enfants depuis
leur plus jeune âge, d'extirper d'eux leur colères et leurs mauvaises midoth et
alors ils récolteront satisfaction dans les deux mondes!
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
"Si tu nommes le Shabbat délice..."
Rabénou Hagra, de mémoire bénie, dans son commentaire sur Isaïe explique
ce verset: "En abondant de délices en l'honneur du Shabbat, comme des plats
succulents, des boissons délicieuses, de beaux habits propres et que notre
intention soit spécialement en l'honneur de Shabbat en non pas pour notre
propre plaisir. C'est la signification du verset "si tu nommes le Shabbat
délice", pour Shabbat lui-même.
De même on enseigne dans le traité Shabbat (118a) "tout celui qui abonde de
bonnes choses en l'honneur de Shabbat recevra une récompense sans limite".
De même l'on dit tous les Shabbat dans la prière de Moussaf: "...ceux qui s'en
délectent hériteront d'une gloire éternelle...". Par le mot "délectent" on entend
par là, ceux qui procurent satisfaction à leur néshama yétéra (âme
supplémentaire qu'on reçoit le jour de Shabbat) en l'observant comme il faut.
Ainsi, lorsqu'on dit: "tout celui abonde de bonnes choses en l'honneur de
Shabbat...", on amène une preuve du verset "ceux qui s'en délectent hériteront
d'une gloire éternelle".
D'un autre côté, le Beit Halévi, de mémoire bénie dans la paracha Térouma écrit:
"Le verset dit: "Je répandrai vos excréments sur vos fêtes" (prophètes). Le
Zohar commente à ce propos: "ceci n'est pas dit à propos de Shabbat mais
à propos de Yom Tov, car concernant le manger de Shabbat, même si la
personne pense à son propre plaisir, cela est quand même considéré comme
une mitsva. Car il est dit à ce propos: "tu appelleras le Shabbat "réjouissance"
car c'est une mitsva de se réjouir en ce jour-là. Ce qui n'est pas le cas les jours
de Yom Tov, il n'est marqué nulle part le mot "réjouissances", mais "honneur"
et "joie". Et c'est pour cela que la personne doit bien faire attention Yom Tov
que toutes ses réjouissances soient en l'honneur du jour.
HISTOIRE DE NOS SAGES
"Shabbat à l'Eternel"
Une fois Rabénou le 'Hafets 'Haïm était à Pétersbourg et comme d'accoutumée
il s'efforça d'user de son influence sur les commerçants juifs de la ville, afin
qu'ils ferment leur boutique le jour du Shabbat.
Un des riches marchants de la ville fut spécialement influencé par les paroles du
Tsadik et accepta de commencer à observer le jour du Shabbat à l'avenir,
cependant il demanda un délai au 'Hafets 'Haïm afin de régler toutes les
affaires qu'il avait l'habitude de faire ce jour-là.
Le 'Hafets 'Haïm répondit:
"Mon cher frère, il est marqué dans la Torah: "Six jours tu travailleras et tu
t'occuperas de toutes tes affaires et le septième sera consacré à l'Eternel ton
D-ieu." La signification de ce verset est que l'Eternel nous a donné six jours
pour nous occuper de nos travaux et vaquer à nos affaires, mais le septième
jour, Il ne nous l'a pas donné avec la même intention, mais qu'il l'a gardé pour
Lui. Ainsi, nous devons le sanctifier entièrement en l'honneur de l'Eternel.
Si le Shabbat m'appartenait, j'aurai pu encore fermer les yeux et répondre à
votre requête, mais le Shabbat est entièrement à D-ieu et Lui n'est pas prêt
à nous céder ce jour pour nos occupations. Il ne m'a pas été donné la
possibilité de contourner ce commandement, même pour un seul instant,
pour quelque Shabbat que ce soit...
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