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PARASHA PIKOUDE


PARACHA DE LA SEMAINE: PIKOUDE

"On apporta à Moïse le tabernacle et la tente...l'arche du témoignage avec ses barres..." (Chémot 39: 33).
Il y là une chose extraordinaire car dans tous les passages concernant la confection du tabernacle, les barres de l'arche sont mentionnées plusieurs fois comme une entité à part entière, indépendante de l'arche elle-même. Ceci est surprenant car au premier abord, elles sont accessoires à l'arche. Elles ne forment qu'un seul corps avec lui et n'ont aucune indépendance.

Nous pouvons voir par exemple concernant le candélabre, le verset cite: "...il fit le chandelier, son pied et sa tige, ses coupes, ses pommeaux et ses fleurs..." (Chémot 37:17). Et concernant la table il est dit "Et il fit la table..un encadrement...et une bordure d'or tout autour" (Chémot 37: 10-12).

On constate donc bien que les barres jouïssent d'un statut particulier dont il faut en tirer quelque leçon. Il est connu, selon le saint Zohar, que les barres de l'arche symbolisent ceux qui soutiennent ceux qui étudient la Torah. Ce sont les donnateurs qui la portent de la même manière que les barres portent l'arche (nos Sages nous enseignent à ce propos qu'en vérité, c'est l'arche qui porte ses porteurs, c'est-à-dire qu'en fait, celui qui verse de son argent pour aider celui qui étudie la Torah sait bien que c'est la Torah qui le soutient, c'est-à-dire que c'est elle qui est la source de ses bénédictions matérielles).

Nos Sages ont déjà analysé et commenté longuement ce sujet et nous apprennent que toute la valeur des barres de l'arche est en elle-même insignifiante. A partir du moment où l'on les enlève de celle-ci, ce ne sont que de vulgaires barres de bois sans valeur. Le verset cite: "...les barres de l'arche resteront dans les anneaux, ils ne les quitteront pas". A la lumière de ce que nous avons expliqué au début, nous pouvons apprendre quelque chose de plus: à partir du moment où l'on utilise les barres selon leur fonction, elles deviennent un ustensile à part entière au même titre que la table ou le candélabre et sont citées comme telles dans la Paracha, avec leur valeur propre et une fonction indépendante des autres ustensiles. Comme Issa'har et Zévouloun qui ont la même importance et sont cités ensemble dans le verset: "Et à Zévouloun il dit: heureux sois-tu quand tu voyagera et Issa'har dans ta tente". Le même principe se retrouve avec la mention de l'arche et de ses barres.

La chose est extraordinaire car justement par l'annulation des gens qui soutiennent la Torah devant ceux qui l'étudient, chose qui à première vue semblerait être une perte d'identité personnelle, le verset vient nous démontrer que rien qu'ainsi, ceux qui soutiennent la Torah sont élevés et accèdent à un rang spécial. D'un côté ils ne forment qu'une seule pièce avec l'arche symbolisant ceux qui étudient comme il est dit: "ils ne la quitteront pas"; de l'autre côté il ne sont pas diminués dans leur importance et sont désignés à part entière comme d'autres ustensiles comme il est écrit: "...l'arche, les barres, le propitiatoire et le voile qui le recouvre."

EDUQUER NOS ENFANTS

Midoth (Traits de caractère)

L'essentiel du repentir et des efforts déployés dans le service divin porte ses fruits quand la personne est encore jeune, comme le dit le verset "éduque l'enfant selon sa nature et quand il vieillira il ne se déviera pas du bon chemin". On commente à ce propos que l'enfant est comme un jeune arbre dont on peut facilement corriger sa croissance et lui donner la forme que l'on veut, ce qui n'est plus le cas lorsqu'il prend de l'âge et se durcit, il devient alors impossible de le changer si ce n'est qu'avec des moyens compliqués et même encore, ce n'est pas la même chose que lorsqu'il est jeune. L'éducation des enfants est identique à cela. Et même si l'enfant ne comprend pas très bien, éduque le selon son intelligence, qu'il s'assagisse et qu'il s'élève de degré en degré et éloigne-le des mauvaises actions, des futilités de ce monde et des mauvais traits de caractère. Alors quand il vieillira, il ne quittera pas le bon chemin qui est enraciné en lui, et de plus puisque tu l'as habitué annuler ses passions face à la crainte qu'il a de toi, de la même manière quand il vieillira il pourra facilement annuler ses passions et ses mauvais traits de caractère imprégné de crainte divine, même à un niveau très élevé ce qu'il n'avait pas connu quand il était jeune.

(Yessod Hahavoda).

Nos Sages nous enseignent que "le plus important ce ne sont pas les discours mais l'action"(Maximes des Pères I).

Sur la base de cette affirmation, il est possible d'expliquer que pour celui qui veut déraciner et extirper les mauvaises Midoth (traits de caractères) qui sont en lui et d'y en implanter de bonnes, il existe deux chemins pour cela. Le premier consiste à considérer et à approfondir jusqu'à en arriver à une compréhension claire, quelles sont les conséquences néfastes des mauvaises midoth sur l'individu, réaliser combien chaque mida est susceptible d'entraîner une personne sur une pente glissante qui peut arriver à lui faire perdre ce monde-ci et le monde futur. De bien méditer sur tout le bien que gagne celui qui acquiert de bonnes midoth. La personne analysera et approfondira jusqu'à que son coeur s'enflamme véritablement, alors il prendra la ferme résolution de s'éloigner de toutes ses forces des mauvaises midoth et d'en adopter de bonnes. Cette manière de voir les choses s'appelle "Midrach" (étude, discours, analyse).

Il existe une deuxième méthode pour améliorer ses traits de caractères qui consiste à accomplir de nombreuses fois l'action à l'opposé extrême à celle que la mauvaise mida nous pousse. (par exemple à donner beaucoup pour celui est avare, etc.). Ceci est mentionné dans les oeuvres du Rambam dans les huit chapitres. Et cette méthode, par contraste avec la précédente s'appelle "action". Là-dessus nos Sages nous enseignent: ce ne sont pas les discours, l'analyse et l'étude qui sont le plus important pour guérir des mauvaises midoth - mais l'action; faire, et répéter sans cesse d'innombrables fois des actes qui s'éloignent d'une extrême à l'autre des mauvaises midoth que l'on veut corriger. Car les actions extérieures corrigent et agissent à l'intérieur sur le mental de la personne.

Qu'il est donc bon d'éduquer les enfants dès leur plus jeune âge en les habituant à accomplir beaucoup de bonnes actions et de les écarter de toute mauvaise influence et de toute mauvaise comportement, car chaque bonne action qui sera faite enracinera dans l'âme de l'enfant un bon caractère et ainsi, il marchera dans le bon chemin toute sa vie.

(Ohev Moussar).

PRIERES DE NOTRE BOUCHE

Sonne dans le grand Chofar

"Sonne dans le grand chofar pour proclamer notre liberté", "En ce jour résonnera le grand chofar..." (Isaïe 27:13). Nos Sages commentent le verset d'une manière formidable, voici ce qu'est écrit dans les Pirké de Rabbi Eliezer: "deux cornes de bélier (d'Isaac) vont servir de chofar. Dans celle de gauche, l'Eternel sonna dedans au mont Sinaï lors du don de la Torah. Quand à la corne de droite, elle est plus grande que celle de gauche et dans le futur, l'Eternel sonnera dedans lors du rassemblement des exilés...".

"Et réunis-nous ensemble des quatres coins de la terre" (extrait de la Amida), comme il est dit (Isaïe 11:12): "...et rassembler les débris épars de Juda des quatres coins de la terre...". Et comme il est possible que le rassemblement des exilés ne se fera pas en un seul endroit, mais qu'il s'effectue par exemple la moitié sur la terre de nos pères et la moitié sur la terre des goyim, et tous dans un statut de liberté à tous les niveaux, cela s'appelera aussi rassemblement des exilés. Ainsi l'on ajoute dans les livres de prière, le mot "ensemble", pour préciser que le rassemblement sera précisément en un seul point, sur la terre sainte de nos Pères, afin que l'on puisse accomplir les commandements qui s'y rattachent tel que la Mitvah du Grand Jubilé (restitution des terres à leur propriétaires originaux, ceci à lieu une fois tous les 50 ans), ou de l'esclave hébreu qui est libéré et peut retourner chez lui, et la mitsva des villes entourées d'une muraille fortifiée et le champs excommunié et le champs-propriété, et l'étranger séjournant dans la communauté (traité ara'him 29a). Et c'est ainsi que nous pouvons relever dans le texte de la Amida selon la tradition sépharade:

"Sonne du grand chofar pour notre libération, élève l'étendart pour rassembler nos exils; rassemble-nous des quatres coins de la terre, VERS NOTRE PAYS. Sois béni, ô Eternel qui rassemble les dispersés de son peuple Israël.

(Hiyoun Téfilah)

HISTOIRE DE NOS SAGES

"Un béka par tête, soit un demi-sicle au poids du sanctuaire"

Une fois on demanda au Hafets Haïm, à propos de l'un de ses élèves, qui après s'être marié connu une période de grande prospérité et s'enrichit beaucoup, pourquoi son coeur s'était transformé concernant la Mitsvah de donner de la Tsédaka. Car avant, lorsqu'il était pauvre, il s'enthousiasmait et courait pour accomplir cette mitsvah et pour dispenser le bien et maintenant qu'il a connu la réussite et s'est enrichi, il est devenu une autre personne, depuis cela lui est devenu dur de donner.

A cela, le Hafets Haïm répondit, que ceci est inclus dans le principe que "plus une personne grandit, plus son mauvais penchant grandit avec elle". Voici une histoire qui illustre la situation.

Une fois une personne alla à l'épicerie pour y acheter de la farine, et il avait l'intention de s'en procurer que pour une petite somme. Quand il arriva au magasin, l'épicier lui dit qu'il se serve lui même. Il prit donc la farine et en versa dans un sac posé sur une balance. Comme il en versa plus qu'il en avait l'intention au départ, l'épicier de son côté, rajoutait des poids de l'autre côté de la balance, pour équilibrer et pouvoir mesurer la quantité exacte de farine achetée. En fin de compte, il dut payer beaucoup plus qu'il projettait au départ.

De là on apprend que puisque le jeune marié s'était enrichi, il devait maintenant donner encore plus d'argent à la charité qu'avant. Mais son mauvais penchant grandit et l'empêcha de donner même le peu qu'il avait l'habitude de donner à l'époque.

Quand on demanda au 'Hafets 'Haïm quel était le moyen de corriger cette conduite, il répondit qu'il ne devait pas réfléchir au moment où il donnait de la Tsédaka, comme une personne qui doit se tremper dans un mikvé froid, qu'il saute dedans et ne commence pas à réfléchir!

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