PARASHA CHEMINI
LA PARACHA DE LA SEMAINE: CHEMINI
Rabbi Yo'hanan ben Zakaïe enseigna à ses élèves: "Sur votre vie, ce
n'est pas le mort qui rend impur, ni l'eau qui purifie, mais le Saint
béni-soit-t-il ordonna une loi, décréta une règle. Et sur celle-ci, le roi
Salomon, qu'il repose en paix, dit: "Je voulais me rendre maître de la
sagesse mais elle est loin de moi" (Ecclésiaste 7:23)
"Loin", c'est-à-dire que le chemin qui mène à la purification est long,
mais la purification en soi et la sainteté qui en découle sont pourtant une
chose flagrante pour tout celui qui a eu le mérite d'observer un petit
peu les lois concernant la pureté, dont un peu de toutes ces
prescriptions nous sont restés jusqu'à nos jours.
Bien qu'en fait, la manière dont s'opère la purification nous est cachée,
malgré tout, nous avons une allusion par le fait même que nous
n'avons aucune introduction ni logique d'après l'intelligence humaine,
pour dire que précisément par ce procédé se trouve caché le secret
de la chose. Car voici, au moment où l'homme se trempe dans un
Mikvé d'eaux de pluie, d'eaux que la main de l'homme n'a pas touché,
et que tout son corps rentre dedans sans aucune séparation que ce soi,
au même instant, il s'annule et retourne à sa racine, à son origine. Car
l'impureté, en vérité, est étrangère à tout ce qui est propre à Israël, et
au plus profond de lui-même, chaque juif est lié avec l'Eternel. Un
péché crée un écran, une séparation entre le propre intérieur du juif qui
crie sans arrêt "c'est notre volonté d'accomplir Ta volonté!" et notre
Père dans le ciel. Donc lorsque nous nous trempons dans des eaux de
pluie ou des eaux vives d'une source, nous retournons à notre racine et
enlevons l'impureté qui était attachée à nous.
Il arrive parfois que l'impureté soit tellement grande qu'une action en
surface ne suffise pas et l'on doit donc entreprendre une action
contraire à la logique: prendre la cendre d'une vache rousse, de cette
même vache qui rend impur ceux qui sont purs, celle-ci va purifier de
cette grosse impureté. Cette action parfaitement incompréhensible va
sans doute opérer sur l'âme d'annuler tout sentiment d'orgueil et
d'égoïsme en soi, de savoir que s'il nous vient à l'esprit qu'on a
compris quelque chose, cette même mitsva nous démontre que:
"J'avais dit que je m'assagirai et elle est loin de moi". De même que
l'on dit nos Sages de mémoire bénie à propos du verset: "l'Eternel
sauvera l'homme et la bête" qui fait référence aux Tsadikim, qui ont
l'esprit aiguisé et sont intelligents et malgré tout se considèrent comme
des animaux devant l'accomplissement de la volonté divine. C'est cela
la racine de la purification et de la sainteté qui en résulte.
Nous trouvons une allusion dans le mot "Ani" ( "je" en hébreu), dont
la valeur numérique (61) équivaut à celle du mot "Toumah"
("impureté" en hébreu). Ce n'est pas pour rien que cette mitsva
extraordinaire de la vache rousse a été donnée à notre père Avraham
juste au moment où il a dit " je suis poussière de poussière", car le
fondement de la pureté réside dans l'annulation de tout égocentrisme
et orgueil, préparation au mois de Nissan, le mois de la délivrance
finale...
EDUQUER NOS ENFANTS
"Vous ne vous souillerez pas"
Le Rama nous enseigne:
- Le lait d'une femme égyptienne est comme le lait d'une femme juive,
mais cependant, un nourrisson ne boira pas du lait d'une égyptienne
s'il lui est possible d'en boire d'une juive; quand au lait d'une idolâtre,
il souille la compréhension du coeur et engendre une mauvaise nature.
De plus, une nourrice, même juive, ne mangera pas de choses
interdites et de même pour le nourrisson, car cela nuit pour la
vieillesse. (Yoré Déa 81,7)
- Il a été enseigné: "Les enfants ne sont pas punis pour les péchés de
leurs ancêtres s'ils ne détiennent les actions de ceux-ci dans leur
main". (Sanhédrin 27). Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui encore nous
subissons la punition du premier homme qui est devenu mortel en
mangeant du fruit de l'arbre? Pourquoi nous aussi sommes-nous
mortels?
Ce n'est que parce que la nourriture interdite qu'a mangé Adam
Harichon séjourne encore dans sa descendance de génération en
génération jusqu'à l'éternité.
(Rabbi Leïb Hasman)
- J'ai été interrogé une fois par un des habitants de notre communauté,
dont cela fait deux ans qu'il a quitté ce monde-ci, et qui a laissé un fils
de 7 ans. Ce dernier souffre de troubles mentaux, tous ses gestes sont
vagues, il parle et sa voix ne produit pas de mots distincts, et lui-
même ne sait pas ce qu'il dit. Il prête attention à ce qu'on lui dit mais
ne comprend pas etc.
Il ne se trouve pour guérir son cas qu'un institut spécialisé à Vienne
qui pourrait le prendre en charge et petit à petit améliorer son cas
jusqu'à le ramener à un état normal.
Là réside toute la question car le faire rentrer dans cet institut
reviendrait à renoncer à toute nourriture cachère pendant toute la durée
du traitement. Il en viendrait sûrement à consommer des charognes,
des animaux interdits, etc
En conclusion, le 'Hatam Sofer trancha que bien que jusqu'à l'âge de
13 ans et un jour il soit permis de consommer une nourriture non-
cachère car l'enfant n'est pas astreint au joug de la Torah, voici dans
quels termes il s'exprime: "De toute façon, nos Sages de mémoire
bénie témoignent qu'un enfant qui consomme une nourriture interdite
dans son enfance aura son coeur souillé, sa compréhension obstruée et
il aura une mauvaise nature. Moi, je dit pour cela que "mieux vaut
paraître idiot toute sa vie au yeux des hommes qu'un seul instant dans
le monde de vérité".
(Réponses du 'Hatam Sofer Ora'h 'Haïm 83)
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
Bénédiction des Prêtres
Aaron étendit ses mains vers le peuple et le bénit (Vayikra IX:22)
Rachi commente: "il les bénit selon la bénédiction des prêtres: "Que
l'Eternel te bénisse...qu'Il t'éclaire...qu'Il lève son visage vers toi"."
Sifté 'Ha'hamim pose la question: "pourquoi Rachi cite-t-il le texte de
la bénédiction "Que l'Eternel te bénisse...qu'Il t'éclaire...qu'Il lève son
visage vers toi", ne suffit-il pas qu'il évoque la bénédiction des prêtres
pour que l'on sache son contenu?
De plus il faut comprendre la formulation de la bénédiction des
prêtres: "...accorde-nous bénédiction, triplée dans la Torah, écrite par
l'intermédiaire de Moïse ton serviteur, dite de la bouche d'Aaron et ses
fils, les prêtres, ton saint peuple". N'aurait-il pas suffit de dire "...la
bénédiction écrite dans la Torah" ?
Il convient d'expliquer, qu'à ce moment de l'histoire, la bénédiction
des prêtres n'avait pas encore été ordonnée ni formulée (voir le
commentaire du Rambam à ce propos), mais Aaron l'a prophétisée
dans un élan du coeur et l'a formulée dans les mots tels qu'on la
connaît aujourd'hui, et ce n'est qu'après cela que l'Eternel a été
d'accord avec lui et ordonna de bénir ainsi par la suite les enfants
d'Israël: "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant: Que le
l'Eternel te bénisse et qu'Il te protège..."
Et c'est donc le commentaire de Rachi: "la bénédiction des prêtres:
"Que l'Eternel te bénisse...qu'Il t'éclaire...qu'Il lève son visage vers
toi"." puisque la bénédiction des prêtres n'était pas encore révélée à ce
moment, c'est pour cela que l'on dit "...dite de la bouche d'Aaron, car
c'est lui qui la formulée le premier alors qu'elle n'était pas encore
instituée pour tout le peuple d'Israël. (Har Tsvi)
HISTOIRE DE NOS SAGES
Tu extirperas la colère de ton coeur
Dans le livre "tnouat moussar", on raconte combien Rabbi Israël
Salanter s'éloignait de la colère.
Lorsque Rabbi Israël habitait à Berlin, presque tous les juifs de Russie
et de Pologne avaient coutume lorsqu'ils étaient de passage dans la
ville de venir le visiter, afin de contempler la lumière de sa face ou de
recevoir un bon conseil ou une bénédiction. Une fois lorsque le Rav
Armon rentra dans sa chambre, il trouva Rav Salanter la mine abattue.
Quand il lui demanda la cause de son état, ce dernier lui raconta que
deux juifs étaient venu lui rendre visite de la ville de Kovna, et le tinrent
au courant des dernières nouvelles de la communauté là-bas,
spécialement concernant le Beit-haMidrasch de la ville, qui fut le lieu
d'études de Rabbi Israël Salanter à l'époque et qui allait prochainement
être sujet à de nouvelles réformes qui n'étaient pas au goût du Tsadik.
Le Rav Armon reprit la parole et demanda s'il y avait dans cela une
quelconque raison pour s'affliger ainsi. Il répondit par la négative,
mais qu'à la suite de cela, il en vint à s'énerver.
Le Rav Armon demanda: "Est-ce que vous avez tenu des propos
désobligeants envers vos invités?"
"D-ieu nous en préserve" répondit Rav Israël "personne d'autre que moi
perçu mes sentiments intérieurs de colère.
"S'il en est ainsi, qu'est-ce qui afflige tellement votre coeur?"
redemanda Rav Armon.
"Mais quelle question" s'étonna Rabbi Israël. "Ne sais-tu
pas que tout celui qui se met en colère est considéré comme
s'il servait un culte idolâtre et toutes sortes d'enfer ont emprises
sur lui?"
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