PARASHA KEDOCHIM
LA PARACHA DE LA SEMAINE: KEDOCHIM
La paracha de la semaine a été lue durant la cérémonie de Hakhel
quand le roi fut ordonné de lire la section de la Torah à l'assemblée
toute entière du peuple d'Israël. La paracha Kédochim y fut inclue
parce que la plupart du corps de la loi dépend d'elle.
La paracha commence quand D-ieu dit à Moïse: "Parle à toute la
communauté des enfants d'Israël et dis leur: Soyez saints! car je suis
saint, moi l'Eternel, votre D-ieu". (Vayikra 19:2). Cet ordre d'être
saint se trouve en ouverture de la paracha parce qu'il inclut tous les
autres commandements qui suivent dans la paracha.
Apparemment, cette mitsvah nous ordonne que lorsque nous
accomplissons les mitsvoth, elles ne doivent pas être comme un joug
pesant que l'on prend sur soi et dont on cherche à s'acquitter et à se
débarrasser au plus vite, comme un enfant qui se sauve de l'école à
la fin de l'heure lorsqu'il a été obligé d'étudier. Nous devrions plutôt
les accomplir avec un désir émanent du plus profond de notre coeur.
Il est même possible qu'une personne soit très scrupuleuse et
travaille très dur pour accomplir les mitsvoth et qu'en fait, elle soit
réellement très loin d'elles. En dépit des gros efforts qu'elle investit
pour les accomplir, il se peut que ces commandements soient pour
elle un lourd fardeau et que son coeur est attaché à des affaires
matérielles et à des soucis de ce monde. C'est pourquoi, la Torah
nous ordonne par cette mitsva d'être saints.
La traduction hébraïque du mot "saint" est "kadoch" et il est bien
connu que l'implication principale de ce mot est "séparé". Ceci est
vrai aussi bien dans ses connotations positives que négatives. Par
exemple, une prostituée est appelée "kedaïsha" parce qu'elle est
séparée et mise à part pour ses péchés. Dans sa connotation
positive, le mot "kadoch" (saint) implique la séparation et le
retirement du matériel vers le spirituel.
Bien que toutes les mitsvoth en général séparent une personne du
matériel, cette fonction dépend aussi, d'une certaine manière de
l'intention de la personne qui accomplit cela. C'est pourquoi nous
sommes ordonnés d'accomplir les mitsvoth non pas par une
quelconque contrainte ou comme un acte extérieur, mais plutôt
comme un acte dérivant de notre être intérieur et nous devrions
complètement nous identifier avec elles.
Une des mitsvoth commandée dans la paracha est l'interdiction de
manger des fruits d'un arbre pendant les trois premières années de
sa croissance. Pendant ces trois années, les fruits de cet arbre
s'appellent "orla", le même mot utilisé que pour la partie de la peau
qui est enlevée lors de la circoncision. Le verset (Vayikra 19:23) qui
interdit de manger du fruit qui s'appelle "orla" s'exprime dans un
arrangement de mots particulier: "ve'oraltem orlato".
Ibn Ezra commente cette expression difficile en affirmant
premièrement qu'il ne constitue pas en fait une interdiction car le
verset conclut en citant explicitement "...vous ne devrez pas les
manger". Ensuite il écrit: "cela devra être considéré à vos yeux
comme une chose incirconcise".
D'après ce qui a été écrit ici, on peut essayer d'expliquer quelle était
l'intention profonde de Ibn Ezra. Quand une personne jette le fruit
d'un arbre âgé de moins de trois ans pour lequel elle a travaillé, elle
devrait voir ce fruit comme s'il était malsain ou pourri et qu'elle ne
veut pas le manger. En d'autres termes, elle devrait essayer autant
que possible de s'identifier avec la mitsvah comme si celle-ci était
son propre désir. C'est ainsi que cela devrait apparaître à ses yeux.
De la même manière, une personne qui désire avancer dans le
service divin, doit s'efforcer de rendre ses désirs et ses émotions
parallèles à la volonté divine, comme nous l'apprennent nos Sages:
"Fais que ta volonté soit comme La sienne". La volonté d'une
personne doit devenir complètement identifiée avec celle de D-ieu.
De cette manière, elle va devenir plus proche de D-ieu et Lui
ressembler.
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
Dans la prière qui s'appelle "kédousha" le Shabbath matin, nous
disons: "...parce que nous T'attendons..."
Le 'Hafets 'Haïm racontait cette histoire magnifique qui était une de
ses favorites:
Si nous attendions vraiment Mashia'h de tout notre coeur, alors il
apparaîtrait soudain, mais le problème est que nous le disons
seulement de notre bouche, tandis que notre coeur ne se réjouit pas
vraiment de son arrivée.
On raconte que les dirigeants communautaires de la ville de Brisk,
voulaient nommer le Gaon, Rabbi Yossef Dov Solevetchik de
mémoire bénie, au poste de Rav dans leur ville. A cette époque il
habitait dans la ville de Varsovie. Quand la lettre de requête lui
parvint, il refusa. La communauté de Brisk envoya alors un groupe
d'autres messagers plus honorables que les premiers. On instruisit
les messagers qu'au cas où le Rav refuserait, ils devraient lui dire:
"Rabbi, sachez que trente milles juifs se réjouissent déjà de votre
arrivée!"
Quand le Gaon entendit ces mots des messagers, il commanda
immédiatement son serviteur de lui apporter ses habits de fête et il
accepta la nomination.
Le 'Hafets 'Haïm dit alors: "Voici un kal va'homer (raisonnement d'à
plus forte raison): si le Gaon ne pouvait pas se soustraire à la
demande et à la joie de trente milles juifs qui l'attendaient, à plus
forte raison que D-ieu ne se soustraira pas à l'attente de la
communauté toute entière des enfants d'Israël, si nous attendions
vraiment, honnêtement et sincèrement la venue du Mashia'h!
HISTOIRE DE NOS SAGES
"Que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu'au
lendemain" (Vayikra 19:13)
Rabbi 'Haïm 'Hizkiyahou Medini était le Rav de 'Hevron et l'auteur du
fameux livre "Sedai Chemed". Un cordonnier lui répara une fois ses
chaussures et les lui livra à sa maison. Le coût de la réparation
n'était que d'une petite somme, mais le Rav n'avait que des gros
billets en sa possession. Le cordonnier n'était pas importuné et dit
qu'il repasserait le lendemain pour recevoir le salaire de son travail.
Cependant le Rav refusa. N'est-il pas écrit dans la Torah: "Que le
salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu'au
lendemain"? Et ce n'est pas parce qu'il n'avait que de gros billets et
qu'il n'y avait personne pour lui faire de la monnaie qu'il était
exempté de cette interdiction de la Torah.
Pendant qu'ils parlaient, une autre personne entra dans la maison et
le Rav lui emprunta l'argent qu'il avait besoin pour payer sa dette au
cordonnier.
(Yé'hidé Ségoula)
On raconte à propos de Rabbi Eliahou Dushnitzer, le guide spirituel
de Lomzer Yeshiva à Peta'h Tikva, qu'un jour après Min'ha (prière de
l'après-midi), il tendit à un électricien une lampe de chevet qui
nécessitait une petite réparation.
L'électricien pria Maariv (prière du soir) à la Yéshiva comme à
l'accoutumé. Cette nuit, il amena avec lui la lampe réparée. Comme
la réparation était si minuscule, il décida de ne pas la facturer. Rabbi
Eliahou, cependant, avait l'habitude de prier longuement et
l'électricien désira rentrer à la maison, alors il entra dans la maison
de Rabbi Eliahou qui se trouvait attenante à la Yéshiva et déposa là-
bas la lampe.
L'électricien avait l'habitude de venir étudier à la Yéshiva avant la
prière du matin. Le lendemain matin, il eut la surprise de trouver
Rabbi Eliahou l'attendant avec l'argent dans sa main.
Ce dernier lui dit: "Est-ce que le paiement à temps du salaire d'un
travailleur est une interdiction insignifiante à tes yeux?"
EDUQUER NOS ENFANTS
J'ai déjà mentionné le verset de la Torah: "Tu les inculqueras à tes
enfants et tu t'en entretiendras..." (Dévarim 6:7) Chaque père et
mère qui récitent ce verset deux fois par jour sont obligés que la voix
de D-ieu pénètre au plus profond d'eux-mêmes, dans leur substance.
Ils devraient être éveillés et crier: "C'est ma part pour mon labeur".
Si mes enfants me suivront dans mes pas et resteront sincères à leur
Créateur, alors mon nom sera engravé pour l'éternité et mes enfants
auront été un but pour ma vie.
...Il convient de demander si chacune de nos femmes s'assoit parfois
pour penser et faire un bilan de la question: "en quoi consiste
l'éducation d'un enfant?" Qu'est-ce qui est impliqué dans l'éducation
de cette délicate création qui a été déposé entre nos mains par le
Créateur, pour un faire un homme et un vrai juif?
Est-ce que les parents prennent en considération que leur propre
comportement est la première et la plus grande influence sur l'enfant
comme modèle?
C'est pourquoi ceux-ci doivent avant tout vivre leur vie proprement
et noblement, imprégnés de l'esprit de la Torah et de ses traditions,
afin d'implanter l'amour de la Torah et du judaïsme dans leurs
délicats enfants. Les mères devraient être diligentes dans l'éducation
de leurs enfants, alors qu'ils sont encore jeunes. Au lieu de les gaver
de contes de fées à propos de sorcières, chaperons rouges et autres
choses du même style, elles devraient leurs apprendre dès le
moment où ils peuvent comprendre, les premiers mots du Shéma.
Elles devraient leur expliquer dans un langage attractif ce que
signifient ces mots. Elles devraient leurs raconter les miracles et les
prodiges que nous a fait l'Eternel tout au long de l'histoire, et ce qu'Il
désire de nous. Alors l'enfant grandira et deviendra une personne
admirable et honorable.
Si l'enfant est habitué aux mitsvoth quand il est encore petit, alors
elles ne seront définitivement pas un joug pour lui lorsqu'il grandira.
S'il passe son temps libre à lire des histoires de nos Sages tels que
Rabbi Akiva et autres, qui consacrèrent leur vie à la Torah et à la
kédousha, alors les enfants comprendront la grandeur de notre
nation, que l'on soit sur notre pays ou non, parce que la Torah est la
condition de notre endurance.
(écrits de Sarah Schriner)
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