PARASHA EMOR
LA PARACHA DE LA SEMAINE: EMOR
"Puis, vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis
le jour où nous aurez offert l'ômer du balancement, sept semaines, qui
doivent être entières" (Vayikra 23:15).
La mitsvah de compter le ômer depuis le jour après la fête de Pesach
jusqu'à la fête de Chavouot est unique en son genre. D'un côté, ce n'est
qu'une préparation et le fait de compter est une expression de notre
attente d'atteindre le grand jour de la commémoration du don de la
Torah. D'un autre côté, compter le ômer est une mitsva en soi. Elle
requiert la récitation d'une bénédiction pour remercier D-ieu qui nous
a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné de supputer le
ômer.
La combinaison de ces deux idées distinctes en un seul fait nous mène
à la compréhension que cet acte de préparation sanctifie et purifie la
personne. Celle-ci est élevée de niveau en niveau jusqu'au point où
l'on pourrait dire que si seulement nous n'avions reçu que cette
mitsvah: "dayénou", cela nous aurait suffit. Même si une personne
avait été empêchée de célébrer la fête de Chavouot, en ayant compté
les quarante-neuf jours du ômer, il aurait accompli cette mitsva dans
son intégralité.
Il est écrit: "Fuis le mal et fais le bien..." (Psaumes 37:27). Les jours
où l'on compte le ômer sont considérés équivalentes à "fuir le mal". En
fuyant son mauvais penchant, une personne se prépare à "faire le
bien", quand elle accepte la Torah et accomplit ses mitsvoth.
Bien que les jours du ômer sont une préparation pour accomplir un but
précis, le don de la Torah par D-ieu est un cadeau que nous ne
méritons pas nécessairement. Néanmoins, les qualités d'une personne
se révèlent par les efforts et l'engagement qu'elle investit durant cette
période de préparation, par le mérite de son propre travail, autant que
possible pour recevoir ce merveilleux cadeau.
De plus, il est dans la nature des gens de vivre dans l'attente du futur.
Une personne court et travaille durant toute la journée pensant déjà au
moment où elle va rentrer à la maison et pouvoir se détendre et se
reposer à son aise. Durant tout la semaine elle travaille pensant déjà à
son week-end où elle poura se réjouir comme elle veut. Toute sa vie
une personne attend et pense déjà au jour de sa retraite où elle aura
tout le loisir de jouïr des fruits de son labeur. Et tout cela à la
condition d'avoir la chance qu'il lui reste quelque chose! Donc en
résumé, une personne passe sa vie dans l'expectative, attendant la fin
de son labeur pour pouvoir toucher sa rémunération.
Ainsi, de la même manière que la période de préparation pour le
compte du ômer est une mitsvah et en conséquence un but en soi, de la
même manière, toutes les périodes de préparation et d'expectative dans
notre vie doivent être considérés. Nous devrions être joyeux et
heureux pendant ces périodes d'attente, tout autant que pendant les
périodes d'aboutissement vers lesquelles elles mènent. Puisque le but
est si désiré et si valable, alors la période de préparation et de travail
qui la précède, fournie par la personne qui cherche à se rapprocher de
ce but, pour petit à petit finalement y parvenir, cela est vraiment aussi
une cause de très grande joie. Une personne devrait bénir et remercier
l'Eternel chaque jour pour la chance de vivre cela.
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
Compter le ômer (Séphirat haômer).
Il convient d'être très attentif à compter le ômer comme il faut...On ne
devrait pas le faire comme quelqu'un qui effectue une tâche
machinale. Celui qui a vu ce que le Saint Zohar nous apprend à ce
propos et ce que le Ari zal commente là-dessus, concernant
l'importance des tikounim (réparations) qui s'opèrent lors de
l'accomplissement de la mitsvah comme il faut, une telle personne
comprendra combien il convient de préparer son coeur et son esprit
pour compter le ômer avec les bonnes kavanot (intentions).
Cependant, il n'est pas conseillé à tout le monde de se concentrer sur
les kavanot du Ari zal.
C'est pourquoi, une personne devrait se préparer en demandant au
Tout-Puissant qu'Il l'aide à accomplir la mitsvah avec les intentions
qu'il convient à son niveau. Avant la supputation, elle devrait remplir
son coeur d'une foi authentique, car la crainte du ciel est prodiguée par
cette mitsvah. Lorsqu'il l'effectue, il opère de formidables
rectifications dans les sphères spirituelles (au niveau des séphiroth,
fonctions par le biais desquelles D-ieu a créé le monde).
Avant d'accomplir cette grande mitsvah, la personne devrait dire une
petite prière où elle demande à l'Eternel de considérer sa mitsvah
comme si elle avait été dite avec toutes les kavanoth connues des
Hommes de la Grande Assemblée. Il devrait déclarer qu'il fait cette
mitsvah pour la gloire de D-ieu, pour accomplir tous les unifications
des noms divins (pour assembler les entités des sphères spirituelles
selon les kavanoth du Ari zal) et seulement ensuite, réciter la
bénédiction avec grande joie.
Quand il a prononcé le nom de D-ieu, il devrait attendre un petit
moment pour se préparer avec encore une plus grande joie à exprimer
le jour lui-même du ômer...
(Yessod Veshoresh Ha'avodah)
HISTOIRES DE NOS SAGES
"Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois santifié au
milieu des enfants d'Israël, moi, l'Eternel, qui vous sanctifie" (Vayikra
22:32).
Le séfer "Zichron Ya'akov" relate quelques unes des histoires
héroïques des "cantonistes", ces enfants qui furent kidnappés de leur
maison pour être incorporés dans l'armée du Tsar Nicolas.
L'officier de la brigade dans laquelle plusieurs cantonistes ont été
placés attendait la visiste du Tsar en personne en l'année 5600 (1840).
Il voulait lui montrer le travail magnifique qu'ils faisaient en
"rééduquant" ces enfants juifs. C'est pourquoi ils préparèrent en
l'honneur de la venue du Tsar une cérémonie de conversion baptiste en
masse le long des bords de la rivière qui traversait la ville de Kuyzan
en Russie.
Les enfants étaient amenés depuis le camps jusqu'à la rivière. Les
prêtres de l'église russe, qui avaient revêtis leurs plus beaux habits de
cérémonie, attendaient là-bas que les jeunes arrivent. L'attelage du
Tsar approchait.
Lorsque celui-ci descendit de son carosse, il ordonna que les enfants
rentrent dans l'eau pour y être baptisés. Ceux-ci répondirent d'un seul
coeur et d'une seule âme: "nous ferons comme vous l'avez demandé!".
Quand ils entrèrent tous dans la rivière, le Tsar fut stupéfait par la
discipline et la vue fantastique qui s'offrait à lui. L'eau recouvrit les
enfants mais.... que des bulles remontèrent à la surface.
Les enfants s'étaient tous noyés volontairement pour sanctifier le nom
divin d'un seul coeur et d'une seule âme devant le Tsar Nicolas. C'est à
ce propos qu'il est écrit: "...je le ramènera (mon peuple) des
profondeurs de la mer" (Psaumes 68:23).
EDUQUER NOS ENFANTS
Dans l'avant-propos du livre "Aur David" sur la Torah, ce qui suit a
été dit à propos de l'auteur, Rabbi David Yungreiss zal, un des
dayanim (juges) de la Court Rabbinique de Jérusalem.
Notre Rabbi a investi de fabuleux efforts pour tenir à distance la
lecture d'ouvrages profanes et de journaux. Il voyait en eux une source
de corruption et une porte ouverte à tous les tentations.
Similairement, Rav Shalom Mordé'hai Hacohen Schwadron raconta
une histoire stupéfiante, dont la choquante leçon nous montre combien
une personne doit rester loin de tous ces périodiques contenants des
choses abominables. Lisez cette histoire et réalisez combien il
convient de se tenir distant et de ne pas amener de telles choses à la
maison.
Il y avait deux talmidé 'ha'hamim (sages, initiés à l'étude de la Torah) à
Jérusalem. L'un avait des enfants saints et craignants D-ieu. Les
enfants du deuxième, que D-ieu nous en préserve, prirent la direction
complètement opposée.
Le second rabbi était très troublé et peiné par la situation de ses
enfants. Il voulait savoir qu'elle était la racine des problèmes de
l'éducation de ses enfants et tout spécialement pourquoi ses enfants
prirent une direction complètement opposée à celle de son ami, alors
que les deux avaient grandi ensemble, étudié ensemble, envoyé leurs
enfants dans les mêmes écoles et les deux maisons étaient remplies de
crainte de D-ieu. Puisque les deux maisons étaient identiques,
pourquoi les résultats étaient si différents? Le rabbi voulait connaître
la raison de son erreur pour la partager au public afin qu'au moins les
autres soient attentifs à la chose et puissent prendre les dispositions
qui s'imposent.
Il alla trouver son ami et lui dit sans détour: "J'aimerai clarifier avec
toi quelle erreur j'ai fait dans l'éducation de mes enfants."
Ils s'assirent tous les deux et passèrent en revue toutes leurs habitudes
dans l'éducation, détail par détail, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à
découvrir une différence incontestable. Bien qu'elle ne saute pas aux
yeux et qu'elle semble plutôt insignifiante, les deux convinrent qu'elle
était la cause de la calamité du second rabbi.
Il se trouvait que les deux sages achetaient leur poisson au même
magasin. Le marchand avait l'habitude d'envelopper son poisson dans
les pages d'un journal profane. Le premier rabbi prenait soin de jeter le
papier à la poubelle avant de rentrer avec le poisson à la maison,
tandis que le deuxième jetait le papier seulement après avoir franchi le
seuil de sa maison.
Ils trouvèrent que c'était la seule différence qu'il y avait entre eux...!
Paracha Emor, page 3
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