PARASHA BEHAR
LA PARACHA DE LA SEMAINE: BEHAR
Il est courant de séparer les Mitsvoth en deux catégories: celles
concernant les relations entre l'homme et D-ieu et celles concernant les
relations entre les hommes entre-eux. Cependant, il est évident pour
chaque juif croyant que cette distinction entre les deux catégories n'est
pas absolue. Le Même qui nous a commandé d'observer le Shabbat
nous a aussi ordonné d'aimer notre prochain (Vayikra 19:18). Une
personne est obligée de faire attention à l'honneur de son prochain,
parce ce que c'est un commandement émanant de D-ieu de se
comporter ainsi et non pas parce que cela correspond à de nobles
préceptes moraux et qu'il est beau d'agir ainsi.
Il en résulte que de même qu'une personne est heureuse d'être
préservée de manger un aliment interdit par la décision d'un Rabbi,
bien que cela lui coûtera de l'argent, de la même manière, il sera aussi
content si la court rabbinique décide qu'il doit payer quelqu'un, parce
qu'ainsi aussi, il accomplit la volonté de D-ieu dans la création.
Dans la paracha de la semaine, il est écrit: "Ne vous lésez point l'un
l'autre, mais redoute ton D-ieu! car je suis l'Eternel votre D-ieu".
(Vayikra 25:17). En d'autres termes, on doit arriver à éprouver le
même sentiment de sainte crainte et de trépidation s'il nous vient à
vouloir léser autrui, que lorsqu'on se trouve face à D-ieu. Et bien que
la chose est difficile, nous sommes néanmoins ordonnés de faire ainsi.
Et de plus, les transgressions entre l'homme et son prochain prennent
préséance sur celles entre l'homme et D-ieu.
Nos Sages ont expliqué que ce verset interdit les paroles frauduleuses.
Cela inclut l'avertissement de ne pas diminuer une autre personne par
des paroles blessantes, de ne pas lui donner de conseils qui ne sont pas
réellement bénéfiques pour lui, mais bénéfiques pour le conseilleur. Il
ne devra pas utiliser le pouvoir de sa parole pour causer de la peine ou
pour embarrasser autrui. Il ne devra même pas examiner de la
marchandise qui est en vente s'il n'a pas d'argent avec lui ou s'il n'a pas
l'intention de l'acheter. Même un mot qui fait allusion à quelque
propos blessant pour son prochain rentre la catégorie de cette
interdiction.
Cependant, la société dans laquelle nous vivons est caractérisée par le
contraire de tout ce qui est interdit dans cette Mitsvah. Il est courant de
dénigrer son prochain ou de se moquer de lui par qu'il souffre d'une
certaine déficience. Nous disons que nous rigolons simplement, alors
qu'en fait nous ne plaisantons pas du tout mais nous faisons de lui un
sujet de moquerie.
La racine de cette impudence est la déficience dans notre attitude
envers les Mitsvoth entre l'homme et son prochain. De même que nous
n'estimons pas cette catégorie de Mitsvoth, nous ne considérons pas
les gens selon leur vraie valeur. Cet comportement superficiel nous
mène directement à une attitude indulgente qui peut nous permettre
des comportements impudents.
En contraste à cela, il semble que nous comprenons mieux les
commandements entre l'homme et D-ieu. Nous savons que les lois ont
la même valeur indépendament de la grandeur ou de la grosseur du
sujet de la mitsva et qu'il n'y a donc pas de sens à les observer
partiellement. Nous savons qu'un animal n'est pas cacher si l'on
découvre un trou dans ses poumons après l'abattage, que le trou soit
petit ou grand. Il n'y pas de différence si une personne moissonne
entièrement son champ le Shabbat ou s'il arrache quelques plantes du
sol.
Cependant, si nous réalisons que le propre comportement envers les
autres êtres humains est obligatoirement parce que cela est ordonné
par D-ieu, alors il devient plus évident que même la plus petite
"piqûre" qui puisse causer de la peine à autrui est une transgression
majeure de l'interdiction de ne pas blesser autrui par nos paroles. Que
soit béni celui qui parvient à accomplir tout cela.
PRIERES DE NOTRE BOUCHE: COMPTER LE ÔMER
(SEPHIRAT HAÔMER)
"Aujourd'hui est le ...jour du ômer".
Une personne doit penser en elle-même que la prononciation de ces
mots opèrent d'extraordinaires rectifications (tikounim) dans les
sphères des mondes supérieurs. Il doit aussi penser que par cette
récitation il créée une sérénité dans ces mondes et donne satisfaction,
pour ainsi dire, au Créateur, que Son Nom soit béni et exalté.
Il devrait ensuite prier ainsi: "Que ce soit ta volonté que le Saint
Temple soit reconstruit...et qu'on puisse Te servir là-bas...et que cela
Te soit plaisant".
Une personne devrait prier pour la reconstruction du Temple avec un
coeur brisé et du plus profond de son âme. Il devrait adresser ses
prières au Créateur, que Son Nom soit béni et exalté, lui demandant
que la reconstruction du Saint Temple prenne place rapidement de
manière à que l'on puisse y amener là-bas des sacrifices et que cela
procure satisfaction à l'Eternel, que Son Nom soit béni et exalté et
invoqué à jamais. C'est la principale kanava (intention) de cette prière
qui est de surcroît une rectification de cette séphira dont la réparation
est accomplie en supputant le ômer.
Parce que par cela elle répare les sphères spirituelles, il est obligatoire
pour une personne de réciter cette prière immédiatement après la
séphira. Tout cela selon les écrits du Ari zal, et c'est pourquoi une
personne doit faire très attention à ce qu'elle pense au moment où elle
récite cette prière.
Après cela, il devrait dire avec une formidable kavana le Psaume 67:
"Au chef des chantres, avec instruments à cordes. Psaume. Cantique.
Que D-ieu me prenne en grâce et me bénisse!" C'est aussi une des
rectification de la séphira. Même si c'est dit avec la simple pensée de
la signification des mots, comme ils sont expliqués par Rachi, cela va
éveiller chez la personne un amour fervent et puissant pour l'Eternel,
que Son Nom soit béni et exalté. Cela va aussi l'inciter à penser
combien est bonne la part qui échoit à celui qui aime l'Eternel.
Similairement, il sera prit par un grand désir de sanctifier le Nom de
D-ieu dans ce monde, parce que tout cela est harmonieusement inclus
dans les mots du Psaume. Il devrait préparer son esprit à penser à ces
choses-là et prononcer chaque mot doucement, avec grande
concentration sur la signification de chaque mot selon le commentaire
de Rachi. Alors automatiquement, il parviendra à la Kavana qu'il
convient.
(Yessod Veshoresh Ha'avoda, Shemini)
HISTOIRE DE NOS SAGES
"Si ton frère s'appauvrit..." Vayikra 25:25
Il y avait une fois un juif pauvre et solitaire qui avait la réputation
d'être un voleur. Les gens se tenaient à distance de lui et lui faisaient
honte. Il se trouva qu'il arriva dans la ville de Radin, où il rencontra
notre Rav, Rabbi Naftali Trop, de mémoire bénie, qui le reçut
chaleureusement. Le Rabbi invita le pauvre homme chez lui, le fit
asseoir à sa table et lui prépara un lit pour qu'il puisse se reposer
durant la nuit. Le Rabbi n'économisa aucune peine pour combler son
invité durant son séjour chez lui.
Les proches amis du Rabbi se demandaient ce qu'il ce passait entre le
Rosh Yéshiva et ce juif de fréquentation plus que douteuse. Rabbi
Naftali suspecta leur étonnement et leur expliqua la chose suivante:
Jusqu'à présent, je savais qu'un voleur devait payer le double s'il était
attrapé. S'il volait une vache ou un mouton et les abattait rituellement,
il devait alors payer quatre ou cinq fois la somme. S'il n'a pas l'argent
pour payer, il doit alors être vendu pour une période d'au maximum
six ans. Mais pour autant que je sache, je n'ai jamais appris nulle part
qu'on est exempt d'accomplir la mitsva d'achnasat orchim (recevoir
des invités à la maison) avec un telle personne. N'est-il pas juif? Est-
ce que notre ancêtre Avraham Avinou n'a-t-il pas accompli cette
mitsva envers tout le monde, même des arabes?
Il est vrai, cependant, que lorsqu'on invite une telle personne sous
notre toit, on encoure le risque de se faire voler et de tomber dans la
pauvreté. Il peut fuir en emportant des objets de valeur avec lui. C'est
pourquoi, il faut faire attention, le surveiller et garder la maison tout le
temps qu'il s'y trouve. Mais ce n'est pas une cause n'être exempté de la
mitsva.
La maison du Rosh Yéshiva devint une place où les visiteurs qui
erraient dans la ville de Radin pouvaient passer la nuit. Là-bas ils se
sentaient tous des invités honorés.
Une fois, l'un des membres du personnel de la maison du Rabbi ne
trouva plus de place à offrir pour dormir la nuit pour un visiteur, et lui
donna une somme d'argent pour qu'il puisse aller louer une chambre à
l'hôtel. Quand Rabbi Naftali entendit ceci, il se fâcha et dit: "Pourquoi
n'as-tu pas été toi-même dormir à l'hôtel et cédé ta chambre à l'invité?
Tu te crois à la maison mais tu dois savoir qu'à partir d'aujourd'hui, la
maison de ces pauvres gens est aussi celle-là. Aucun membre de notre
famille n'a plus de droits que l'un d'entre-eux.
EDUQUER NOS ENFANTS
Une lettre des Guédolé Israël adressée à ceux qui participent à la
convention de Bené Torah
Bené Berak, Eté 5731 (1973)
A nos chers Frères qui craignent D-ieu et qui pensent à Son Nom.
A ceux qui s'expriment à leurs frères avec des mots d'encouragement,
d'éveil, de réprimande exprimée ouvertement parce qu'ils les aiment.
A ceux qui participent à cette sainte convention pour la sanctification
du Nom divin, puisse-t-Il être béni.
Que vous soyez bénis, et bénis, c'est la raison pour laquelle vous avez
répondu à cet appel de nos honorables membres actifs qui conçoivent
des stratagèmes et éveillent les coeurs pour renforcer les fondations de
nos foyers, et mettent en place des barrières de sainteté contre les
brèches de la souillure, que D-ieu nous en préserve.
Le mauvais penchant s'insère profondément dans nos générations. Il
essaye de pénétrer dans le milieu de nos institutions et de foyers, et
perce les barrières de notre modestie et nous oblige à surveiller avec
une vigueur accrue le genre de littérature qui franchit le seuil de notre
porte, nous préservant ainsi de la littérature et des périodiques non
casher et plein de fausses opinions, d'hérésie et d'indécence. Que D-
ieu nous protège contre eux, car ils sont un poison pour chaque âme
juive et tout spécialement pour les jeunes.
Il y a des parents qui non seulement échouent dans la protection de
leurs enfants contre cela, mais eux-mêmes sont pris dans ces pièges.
Ils apportent ces plaies à la maison, ils le veulent et ne voient aucun
mal là-dedans. Il est dit qu'une personne qui recommet sans arrêt le
même péché, celui-ci devient pour lui chose permise. Comment dans
ce cas, l'enfant ne suivra-t-il pas le même chemin?
Une personne doit se garder loin de ces choses-là. Il doit fuir comme
la peste la télévision, même de la regarder occasionnellement chez un
voisin, comme une quelqu'un qui se sauverait d'un incendie. Ces
choses sont comme un tuyau d'arrosage qui lave avec des eaux
diaboliques toute trace de bien qu'il y a dans la vie des gens saints.
Leur seul but est d'habituer les gens à corrompre leurs valeurs et leur
éthique et à s'éloigner du judaïsme. Les oreilles de quiconque sonnent
quand elles entendent des malédictions ou d'autres vilains propos sur
D-ieu ou notre sainte Torah, ce sont la voix du satan et de ses légions
qui blasphèment notre patrimoine.
Ces propos sont tenus dans une convention de Béné Torah, personnes
qui se surveillent et qui se distinguent par leur crainte du Ciel, que leur
nombre augmente en Israël. Il semblerait que de telles paroles soient
superflus au sein de cette assemblée, qui n'est pas suspectée de telles
choses, D-ieu nous en préserve. Néanmoins, il est incontestable, qu'en
ces temps, même les plus grands d'entre nous doivent être avertis, rien
que déjà pour le bien de leurs enfants et de plus chacun doit revoir lui-
même les interdits que cela implique dans les détails.
Même les barrières qui nous protégent de ces transgressions sont
interdites, comme il est dit: "Vous n'errerez pas d'après votre coeur et
d'après vos yeux". La tradition explique qu'il est question ici de se
tenir loin de l'hérésie et de l'indécence.
Il convient ici de mentionner les mots de l'auteur du Séfer Ha'hinou'h,
à propos de la Mitsva No188. Là où les Sages nous ont lancé un
avertissement, il n'est pas permis de dévier de leur ligne de conduite
prescrite. Même si quelqu'un se trouve soudain attaqué par une
passion soudaine, il ne devait pas se dire: "Puisque je suis déjà dans
cet état et que j'éprouve cette envie, quelle différence y a-t-il si je
regarde? Je sais que mon mauvais penchant ne sera pas plus excité."
Beaucoup ont tenu les mêmes propos et sont tombés. Concernant cela,
les Sages nous enseignent que le mauvais penchant commence son
travail en douceur, puis il se renforce et finalement vainc la personne.
C'est pourquoi, mon fils, fais attention à toi et ne laisse pas le mauvais
penchant avoir le dessus sur toi, même s'il te donne mille garanties.
(Il convient de voir tout ce qui a été écrit à ce propos dans ce
magnifique langage).
Ces mots sont d'actualité aujourd'hui plus que jamais auparavent. Une
personne est sujette, D-ieu nous en préserve, à trébucher et fauter, et il
rentre dans la catégorie des pécheurs et de ceux qui causent aux autres
de pécher. Il est évident que le moindre laxisme dans l'observance de
cette conduite va déterminer l'orientation de ses enfants et de sa
maison. Les dégâts n'apparaîtront pas à première vue, mais plus tard le
résultat sera très amer et qui pourra redresser cela? De plus celui qui
cause à autrui de pécher est pire que s'il l'avait tué.
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