PARASHA BAMIDBAR
LA PARACHA DE LA SEMAINE: BAMIDBAR
A l'intérieur de notre centre de Torah et de Prières à Be'er Sheva se
trouvent plusieurs synagogues. Ainsi, chaque communauté possède sa
propre congrégation distincte et toutes se trouvent combinées dans un
seul building. Une fois, un visiteur qui remarqua cet arrangement
particulier se posa la question et demanda pourquoi ceci était construit
et disposé ainsi? Pourquoi n'avions-nous pas édifié un seul et immense
bâtiment magnifique où chacun aurait sa place?
On lui répondit en prenant comme exemple le monde militaire. A
l'armée, il y a plusieurs types de forces qui existent; l'infanterie,
l'armée, la marine, l'aviation, etc. Chacun a ses propres uniformes et
insignes, et chacun a ses propres équipements différents. Les
conditions de bataille pour chacun sont différents. Seul un fou
souhaiterait les rendre tous pareils.
Il en est de même dans l'armée de D-ieu. Les variations dans les
habitudes, les styles et les mots de prières sont différents, mais c'est
exactement cela qui amène cette plénitude désirée.
La paracha de Bamidbar s'occupe considérablement des arrangements
et des division d'Israël, selon leurs tribus, leurs camps et leurs
drapeaux. Chacun a sa propre place. Ils établissaient leur camps selon
la même disposition qu'ils voyageaient, chacun selon son camp,
chacun selon l'insigne de sa tribu.
Nous apprenons de cela que les variation et différentiations sont
caractéristiques de la nation depuis sa conception originelle. Les
variations se combinent pour créer une mosaïque multicolore. De la
même manière, les différents types de traditions nous amènent à un
but uni et partagé.
Le mot "Shalom" ne signifie pas seulement "paix", contraire du mot
"guerre". Il dérive d'un mot qui véhicule deux importantes
significations: complémentarité et plénitude. En fait, ces significations
sont actuellement des parties essentielles du concept de paix.
Le concept de paix n'a pas de sens lorsqu'il est question d'une seule
entité. La paix ne peut seulement exister qu'entre deux parties
distinctes. Lorsqu'elles cohabitent ensemble harmonieusement, alors
on peut parler de paix qui règne entre elles. Et plus elles sont
différentes et opposées et parviennent à exister ensemble sous un
même toit, chacun apportant ses différences, alors plus on peut dire
que la paix règne entre elles.
Il n'y a pas d'exemple plus évident qu'entre l'homme et la femme.
Leurs différences sont si grandes que les Sages ont dit que les femmes
entre elles sont une nation à part. Cependant, c'est quand le Shalom
règne entre les deux opposés, précisément que la présence divine vient
résider parmi eux. Le Shalom est si grand que D-ieu n'a pas trouvé
autre chose de mieux pour servir de réceptacle pour la bénédiction que
cela.
De plus nos Sages de mémoire bénie, nous enseignent que l'homme
n'est complet que lorsqu'il épouse une femme. Quand les deux unités
complètent les variations de caractères l'un de l'autre et s'unissent dans
un seul tout, alors il peut y avoir la paix. Le Shalom existe quand
différentes parts s'unissent pour se compléter l'une avec l'autre, comme
la partie gauche et droite du corps. Chacun en soi n'est que la moitié
du corps.
La paracha nous enseigne que ceci est le propre arrangement pour
Israël. Les tribus sont disposées selon leurs camps et chacun doit
accomplir sa fonction spéciale. Dans cet arrangement spécifique, le
Mishkan voyageait avec eux et D-ieu dit: "Je résiderai parmi vous".
(Chémot 25:8)
Précisément à cause des variations dans ses fonctions et ses caractères,
le mélange menace de créer une situation d'argumentation, d'hostilité
et de conflits. A première vue, il semblerait que chacun cherche à
négliger et annuler l'autre. Cependant, avec du recul, il est possible
d'apprécier comment chacun peut compléter l'autre et s'unir dans une
harmonie magnifique.
Alors, ensemble, unis dans un tout, ils sont capables de marcher en
avant comme un homme avec un coeur pour accomplir la volonté de
notre Père aux Cieux.
PRIERES DE NOTRE BOUCHE: COMPTER LE ÔMER
Une des raisons pour lesquelles D-ieu nous a ordonné de compter le
ômer, c'est qu'après Pesach, tous les juifs étaient occupés à moissonner
leurs grains. Ils étaient dispersés chacun dans son champs. D-ieu
ordonna cette mitsvah afin qu'ils n'oublient pas leur devoir de monter
à Jérusalem pour la fête. En comptant, ils savaient exactement quand
aurait lieu Shavouot.
Une autre raison est que durant la période de Pesach à Shavouot, le
monde est en soucis concernant la réussite de sa récolte de céréales et
de fruits. C'est pourquoi D-ieu leur a commandé de compter ces jours
afin de se souvenir des inquiétudes de cette période, de se repentir et
de retourner vers D-ieu d'un coeur entier, plaidant devant Lui qu'il
nous prenne en pitié et nous gratifie d'une bonne récolte.
(Aboudraham)
De plus, il y a ici une allusion au septième millénaire qui est
comparable au Shabbat. C'est pourquoi le septième jour de Pessach,
nous célébrons une fête spéciale, et la fête de Shavouth tombe
exactement après l'écoulement de ces sept semaines à partir de ce jour.
La fête de Shavouth suit l'achèvement de ce cycle de sept semaines et
les huit jours de la fête de Souccot représentent le monde à venir et le
grand jubilé. (Le nombre sept indique l'achèvement du cycle de ce
monde, tandis le nombre "huit" représente le monde à venir).
(Rabénou Yérou'ham)
Une autre raison est que la cosmologie ancienne est basée sur les sept
planètes et les conceptions paganistes transformèrent ces sept planètes
en dieux. C'est la raison pour laquelle Bilaam construit sept autels. Ils
croyaient que chaque dieu-planète avait sept juridictions sous son
contrôle. Toutes ensembles, elles étaient quarante-neuf.
C'est pourquoi, la Torah nous ordonne de ne pas les servir, mais de
compter et la Torah nous a été donnée le cinquantième jour. C'est
pourquoi quand la Torah a été donnée, D-ieu ouvrit les "sept ciels" et
ouvrit les sept continents afin qu'il soit su qu'il n'y a d'autre D-ieu que
Lui.
(Tzaida Laderech et voir "Eliahou Rabba No 489 au début).
(Sidour Otsar Téfiloth)
HISTOIRE DE NOS SAGES
"Rangés chacun sous une bannière distincte, d'après leurs tribus
paternelles, ainsi camperont les enfants d'Israël" (Bamidbar 2:2)
Tous ce qui concerne la kédousha et le servir divin requiert de l'ordre.
C'est à cette conclusion qu'arrive Rabbi Aharon Kotler de mémoire
bénie, dans son livre Mishna Rebbe Aharon (p. 193), de l'étude de la
paracha de la semaine. Celle-ci contient des détails et d'amples
instructions données aux enfants d'Israël concernant leur campement
et leur voyage, chaque tribu sous son drapeau et à sa place déterminée,
sous son insigne, comment ils campaient et comment ils voyageaient.
Les détails du service du Mishkan y sont également expliqués, ainsi
que la manière dont leur ustensiles devaient être rangés pendant le
voyage. Tous des détails nous démontrent l'importance impérative de
l'ordre.
Dans le livre Tenouat Hamoussar (p.132), dans le chapitre décrivant
l'éducation pratique de Rav Zundel de Salant, de mémoire bénie, il y
est expliqué que parmi les traits de caractères importants de
l'éducation sont: la modération, la tranquillité mentale, la politesse et
l'ordre. Il voyait en cela des conditions préalables pour une vie stable
et consistante, et pour avoir un bon renom dans la communauté. Il
avait l'habitude de dire qu'un manque d'ordre est une cause d'opinions
confuses et celui qui est confus dans ses manières et dans ses propos
est aussi confus dans son service divin.
Rav Zundel avait l'habitude de dire que le désordre et la confusion ne
commencent pas nécessairement par de grandes choses. Ils peuvent
débuter par de petits détails comme par exemple avoir une tenue
débraillée, marcher d'un pas décousu, incohérent, avoir ses lacets
détachés ou avoir une plume accrochée sur son manteau.
Il avait l'habitude de noter chaque jour les tâches qu'il avait à
accomplir pour la journée. Une fois on a pu voir sur son cahier la liste
des choses qu'il avait à faire pour une veille de fête, entre autres:
"nettoyer la poussière de son manteau"!
EDUQUER NOS ENFANTS
L'éducation des enfants est un important travail qui repose sur les
épaules de chaque mère juive. Un guide sur ce sujet pourrait être écrit
en faisant une examination personnelle des traits de caractères qui sont
au fond de vous. Plusieurs de nos réactions face à des situations
variées seraient modérées ou entièrement différentes, lorsqu'on
examine à la loupe les midot (traits de caractère) de chacun.
Voici quelques exemples:
Que prenez-vous plus à coeur? Un enfant dont les beaux habits ont été
salis lorsqu'il revient de la prière du Shabbat le vendredi soir ou le
même enfant qui oublie occasionnellement de dire une bénédiction
avant et après le manger?
Qu'est-ce qui vous rend "folle" le plus facilement? Un enfant qui est
insolent ou qui vous ment, ou un enfant qui salit la maison ou qui la
laisse en désordre?
Sans doute, toutes ces choses ont besoin d'être améliorées et corrigées.
Cependant, reconnaissons la vérité. Il est rare de rencontrer une mère
juive qui dévoue tout son temps à suivre les occupations de son enfant
et qui sait vraiment comment regarder leurs activités dans les bonnes
proportions.
Voici un autre exemple. Lequels de ces suivants vous trouble le plus?
Votre insuccès à savoir pleinement exploiter les capacités de votre
enfant doué dont le succès à l'école et dans la vie vous donnera
probablement beaucoup de satisfaction, de bénéfices et d'honneurs. Ou
êtes-vous plus troublé lorsque vous ne retirez pas le maximum de
votre enfant qui est moyen ou plus retardé? Dans ce cas vous devrez
investir pour lui énormément de temps et d'efforts bien que les
résultats seront beaucoup moins bénéficiables ou honorables.
Qu'est-ce qui vous trouble le plus?
Vous comprenez qu'en tant que mère, la vérité ultime ne commence ou
ne finit pas par la quantité d'honneur qu'on va recevoir en résultat de
l'éducation de notre enfant, ou selon leurs performances sociales ou
financières. Votre travail commence et finit avec l'honneur de
l'Eternel. Combien d'honneur de la Torah votre fils va-t-il apporter
dans le monde? C'est pour cela que vous et eux ont été créés.
Avons-nous appris à être joyeux quand les résultats d'un enfant qui a
un faible potentiel, qui doit travailler très dur pour sortir de lui le
maximum, et pour qui cette terrible bataille ne sera pas reconnue des
autres à cause de ses résultats minimes?
Notre travail est de les accompagner dans la voie de l'éducation
jusqu'à ce qu'ils deviennent des juifs à part entière, chacun selon son
propre potentiel...
(Extrait d'une dissertation imprimée dans le sefer Amoud Ha'emet
p.215)
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