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NASSO


LA PARACHA DE LA SEMAINE: NASSO

Dans la paracha de cette semaine, il est évoqué entre autres les lois concernant le nazir. (Bamidbar 6:1-21). Un nazir est une personne qui prononce le voeu de s'abstenir de tout vin (et autres produits de la vigne), de ne pas se souiller spirituellement en touchant un cadavre et de ne pas couper ses cheveux pendant une période spécifique. Expliquons plus en profondeur l'idée du "nazir selon la Torah.

Il est écrit: "N'ajoutez rien à ce que je vous prescrit et n'en retranchez rien, de manière à observer les commandements de l'Eternel, votre D-ieu, tels que je vous les prescrits" (Dévarim 4:2). En d'autres termes, celui qui rajoute d'autres commandements équivalent à celui qui en enlève, c'est-à-dire à celui qui s'abstient d'accomplir les commandements ordonnés. Peut-être même que celui qui rajoute des Mitsvoth est pire que celui qui en retranche. S'il en est ainsi, quel exploit a donc accompli celui qui fait le voeu de nézirat et s'ajoute des interdictions qui ne lui étaient initialement pas ordonnées?

De plus, nos Sages de mémoire bénie, nous ont avertis de ne pas prononcer de voeu du tout. Il est écrit: "Mieux vaut ne pas prononcer de voeu que d'en formuler un et ne pas le tenir." (Ecclésiastes 5:4). En conséquence, quelle est la justification du nazir à vouloir s'imposer plus d'interdictions que nécessaire par la force du voeu?

A ces deux questions qui n'en sont en fait qu'une seule, proposons deux réponses. Premièrement, quand la Torah nous ordonne de ne pas ajouter de nouvelles mitsvoth, ceci est à prendre comme un avertissement à une personne arrogante, trop sûre d'elle-même, qui s'imagine que les mitsvoth qu'elle a déjà à accomplir ne sont pas suffisantes pour elle. En vérité, cela serait déjà magnifique si une telle personne pouvait déjà remplir ses obligations comme il faut.

Cependant, une personne qui rajoute des barrières et des précautions afin de préserver une distance face aux interdictions, cela est différent. L'avertissement ne s'applique pas pour lui, et il n'agit nullement par orgueil mais par humilité. Par exemple, nos Sages nous enseignent que si quelqu'un aperçoit une femme qui se conduit immoralement, il doit faire un voeu de nazir et s'abstenir de boire du vin. Comme il a été lui-même impliqué dans la situation et qu'il sait qu'il peut être tenté par cette femme immorale, il convient qu'il s'entoure de précautions supplémentaires afin de diminuer encore la possibilité même de tomber dans le péché.

Il existe une deuxième réponse à la question de savoir pourquoi le nazir peut s'ajouter de nouvelles interdictions. Nombreux des plus récents commentaires nous apprennent que l'intention du nazir n'est pas de s'ajouter de nouvelles interdictions, mais il veut vraiment arriver à un niveau plus élevé de kedousha. L'interdiction supplémentaire vient comme un résultat naturel de son ascension dans la sainteté.

Une personne ne devrait pas se leurrer et s'imaginer que son service divin est si sensationnel au point qu'il est en mesure de pouvoir prendre sur lui d'autres interdictions. Cependant, il convient qu'une personne qui a réellement atteint un niveau remarquable augmente ses responsabilités envers l'homme et envers D-ieu. Dans ce cas, il peut être comparé au Grand-Prêtre, dont certaines interdictions ne sont prescrites qu'à lui seul et pas aux autres prêtres qui l'entourent. De même, que personne ne se permettrait de demander pourquoi lui précisément se distingue de ses confrères, de la même manière, le nazir, qui aspire à devenir une personne de caractère remarquable, reçoit les interdictions comme un résultat naturel de ses dévotions.

Dans tous les cas, nous apprenons ici deux leçons importantes. Plus une personne est engagé dans le service divin, plus vont croître automatiquement ses responsabilités et ses exigences. En outre, une personne qui se sait chancelante face à certaines tentations a le droit et même l'obligation de se placer des barrières et d'autres précautions autour de lui afin de se préserver d'arriver dans une situation où il serait susceptible de pécher.

PRIERES DE NOTRE BOUCHE
"NOUS FERONS ET NOUS COMPRENDRONS"

La déclaration des enfants d'Israël: "Nous ferons et nous entendrons" (Chémot 24:7) était absolument nécessaire. Sans elle, ils n'auraient pas eu le mérite de recevoir la Torah.

De plus, selon notre enseignant, le Gaon, Rav Eliyahou Lopian zal dans son Séfer Lev Eliayahou, quand Israël annonça: "nous ferons puis nous entendrons!", ils s'obligèrent à écouter inconditionnellement les paroles de D-ieu et à accomplir sa volonté avec un dévouement et un don total de soi, si besoin était. C'est pourquoi, nos Sages nous enseignent que ces mots: "nous ferons et nous entendrons" émanent des anges divins.

D'où ont pu tirer les enfants d'Israël la force de prendre sur soi un tel joug et de telles responsabilités? N'avaient-ils pas quelques doutes sur leur capacité à remplir une telle obligation?

Dans le plus profond des enfants d'Israël est enraciné une fabuleuse force de "vérité" qu'ils ont hérité des patriarches. La vérité n'a peur de rien. Au nom de la vérité, une personne peut être prête à tout donner, même sa vie. Puisqu'ils savaient que D-ieu est la vérité et que la Torah qu'ils ont reçu est une vérité éternelle, alors ils acceptèrent cette responsabilité avec courage et audace, authentiquement, sans incertitude ou équivoque. Ils l'acceptèrent pour eux-même et pour leurs descendants à jamais, et accompliraient la Torah dans tous ses détails et ses particularités.

Nous avons vu à travers les années de notre exil que les enfants d'Israël ont courageusement donnés leurs vies avec une force surnaturelle au nom de la Torah et des mitsvoth. C'est ce qui s'est passé avec nos ancêtres en Espagne quand ils furent forcés à la conversion, à l'exil ou à la destruction qui était décrétée sur eux. Ils étaient torturés et subissaient de terribles souffrances, mais ne changeaient pas de religion.

Cette force surhumaine fut implantée dans notre peuple lorsqu'ils dirent: "nous ferons et nous entendrons". A cet instant, le ciel lui-même fut ébahi et émerveillé et une voix déclara: "Qui révéla à mes enfants ce secret que les anges ministériels emploient?"

(Yalkut Le'hah Tov, Shavouth)

HISTOIRES DE NOS SAGES

Le nazir est considéré par certains côtés, comme un pécheur, parce qu'il s'abstient de choses dans la création que D-ieu a créé pour le bénéfice de l'homme. Le Talmud (Taanit 11a) cite, de plus que si le nazir est appelé un pécheur parce qu'il s'abstient seulement de consommer du vin, alors à plus forte raison que celui qui s'impose toutes sortes de mortifications est appelé "pécheur".

Le saint Rabbi Eliméle'h de Lizensk se rendit une fois chez son Rav, le saint Gaon, Rebbe Shmelke, à Nicholsberg. Quand Rabbi Elimelech se promenait dans les rues de Shabbat, il entendit une voix venant d'une des maisons. C'était la voix de quelqu'un étudiant la Torah avec une grande crainte du Ciel et amour de la Torah. Rabbi Elimele'h entra dans la maison et vit un jeune homme assis en train d'étudier. C'était le Gaon Rabbi Mordé'hai Bennett.

Rabbi Elimele'h se tint là-bas quelque temps. Rabbi Morde'hai ne l'aperçut pas et ne sentit pas sa présence, tellement concentré par le sujet de son étude. Quand il finit, Rabbi Elimele'h vint vers lui et lui dit: "Mon frère, mon frère, repens-toi, fais téshouva, retourne à ton Créateur, que Son Nom soit béni."

Quand le Gaon Rabbi Mordé'hai entendit ces mots, il devint confus et sa tête commença à tourner. Il ne put rien dire. Il savait que Rabbi Shmelke aimait Rabbi Elimele'h et l'honorait beaucoup. Il alla alors trouver Rabbi Shmelke et lui répéta ce que Rabbi Elimele'h lui dit, bien que ce dernier n'avait rien vu d'autre sinon son étude. Et néanmoins, il avait dit quelque chose d'effrayant.

Rabbi Shmelke répondit: "Je vais t'expliquer la signification de cela. Tu as jeûné toute la semaine, et en conséquence, tu as gaspillé du temps pendant lequel tu aurais pu étudier la Torah. Une personne comme toi doit étudier la Torah et ne pas jeûner, ce qui te fait perdre ton temps et tes forces pour l'étude de la Torah.

EDUQUER NOS ENFANTS

"...mets en notre coeur l'intelligence pour approfondir, comprendre, entendre, apprendre, enseigner, ...." Nous faisons cette requête chaque jour, jour après jour, et après, immédiatement, nous oublions ce que nous avons demandé à D-ieu.

Ceci ressemble au cas d'un très pauvre homme qui se tourne vers un riche pour lui demander un prêt de cinquante pièces d'or, parce qu'il a l'occasion de faire une affaire qui va pouvoir lui permettre de s'établir. L'homme riche accepta de lui prêter l'argent, mais lui dit qu'il n'avait pas l'argent sur lui à ce moment particulier. Il invita le pauvre à venir chez lui dans la soirée pour recevoir l'argent.

Cette nuit, le riche homme ne quitta pas la maison car il s'attendait à recevoir le pauvre homme pour lui remettre son prêt, mais ce dernier ne vint pas. Le riche pensa qu'il fut retenu pour une raison inattendue.

Le jour suivant, les deux hommes se rencontrèrent et le pauvre redemanda au riche de lui accorder un prêt, parce qu'il avait une occasion de faire un bon business etc. Le riche lui répliqua: "Vous n'avez qu'à venir ce soir chez moi et je vous remettrai le prêt que vous désirez".

Cette même nuit, le riche resta chez lui attendant le pauvre, mais une nouvelle fois, il ne vint pas. Le lendemain, le troisième jour, les deux se rencontrèrent, et le pauvre sollicita une nouvelle fois le riche. Ce dernier ne put se contrôler et réprimanda le pauvre homme: "Vous n'êtes qu'un menteur et un imposteur. Je vous ai offert plusieurs fois la possibilité de vous remettre le prêt. J'ai gaspillé plusieurs heures de mon temps à vous attendre pour vous donner l'argent et vous n'êtes pas venu le prendre. Vous n'êtes qu'un charlatan".

Il en est de même avec nous. D-ieu est définitivement préparé à nous donner intelligence et compréhension, même plus que ce que nous sommes préparé à recevoir. Sans aucun doute, Il est prêt à chaque moment à nous aider, à nous écouter, nous apprendre et à nous garder. Tout ce qu'Il veut de nous c'est que nous nous rendions à la maison d'étude, de s'asseoir et d'étudier la Torah un temps fixe chaque jour. Cependant, il lui semble que toutes ces supplications et ces requêtes que nous Lui adressons ne sont que des expressions de nos lèvres. Ce sont de belles phrases que nous prononçons pendant nos prières, mais immédiatement après, notre attention et notre esprit sont attirés vers des bêtises et des vanités éphémères de ce monde, et nous de donnons aucune considération aux mots que nous avions prononcés quelque temps auparavant.

Et ainsi le lendemain, et le surlendemain nous demandons et redemandons, jour après jour.

Concernant ce malheureux phénomène, le prophète cria: "Armez-vous de paroles (suppliantes)..." (Osée 14:3). En d'autres termes, prenez les mots de vos requêtes, ne les oubliez pas, faites attention à eux et ensuite: "Revenez vers D-ieu". Alors vous reviendrez dans une Téshouva Shléma.

(Mishlé 'Hafets 'Haïm)

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