Beha'alotcha
La Paracha de la semaine: Beha'alotcha
La paracha de la semaine commence par la descriptions de l'ordre dans lequel est allumé la Ménorah - le candélabre qui était situé dans le Saint Temple. La Ménorah confectionnée selon les instructions de D-ieu, était façonnée d'une seule pièce en or massif. La raison pourquoi il en était ainsi, selon Seforno, est pour indiquer que D-ieu est Un.
Le Rambam écrit dans les lois de Yéssodé HaTorah que lorsque l'on dit que D-ieu est Un, on doit savoir qu'il n'y a pas d'unité et de singularité comme Lui dans la création. Cela ne signifie pas "un" comme le début d'une série d'entités que l'on peut compter et Son unité n'est pas à prendre non plus dans un sens de catégorie générale qui inclut plusieurs particularités. C'est une singularité comme il n'y en a pas d'autre dans la création.
L'idée que la Ménorah nous rappelle cette singularité de D-ieu nous amène à une perspective très intéressante. Il est courant de placer dans la synagogue en face du "Chaléa'h Tsibour", le ministre officiant, le nom de D-ieu. Parfois on l'appelle "Shiviti", ce qui signifie "J'ai placé devant moi". Ceci se réfère au verset "Je sens la présence de D-ieu devant moi toujours"(Psaume 16:8). En addition des noms spéciaux de D-ieu et autres noms sacrés qui sont écrits dessus, se trouve imprimé le Psaume 67 en forme de Ménorah, c'est pourquoi, parfois l'enseigne que l'on accroche devant le Shaléa'h Tsibour s'appelle aussi "Ménorah".
Ainsi, ce qui est placé devant le ministre officiant et qui lui rappelle constamment l'existence de D-ieu et sa singularité est appelé "Ménorah" et est donc écrit en forme de Ménorah. C'est incroyable de réaliser que selon le commentaire de Seforno, la fonction de la Ménorah du Temple était la même: indiquer l'existence et l'unité de D-ieu.
Dans la paracha de cette semaine, il est écrit: "Quand donc vous marcherez en bataille, dans votre pays, contre l'ennemi qui vous attaque, vous sonnerez des trompettes avec fanfare; vous vous recommanderez ainsi au souvenir de l'Eternel votre D-ieu, et vous recevrez assistance contre vos ennemis" (Bamidbar 10:9). Souffler dans les trompettes est une proclamation de la souveraineté de D-ieu. Quand les enfants d'Israël annoncent qu'ils sont des serviteurs du Roi, immédiatement ce dernier se dépêche de les sauver de leurs ennemis et c'est pourquoi, le verset cite: "Et vous serez sauvés de vos ennemis".
De plus, la Torah nous apprend que lorsque les enfants d'Israël installent ou défont leur camps, ils doivent sonner dans les trompettes. De même "au jour de vos fêtes et des saisons, des nouveaux mois, vous sonnerez dans vos trompettes". En d'autres termes, quand une nouvelle période débute, il est obligatoire d'annoncer à la communauté, qui est notre Roi et qui nous servons. Ceci est similaire à la déclaration obligatoire qui incombe à chacun, d'annoncer qui est son Roi et qui il sert, au moment de l'alternance du jour et de la nuit. Il fait cette proclamation en récitant le Shéma Israël.
Cependant, la récitation du Shéma est une mitsvah qui incombe à chacun, tandis que de "souffler dans les trompettes est une mitsvah collective relevante de toute la communauté. Telle la dévotion de chaque individu, les activités et les affaires de la communauté doivent aussi servir la volonté de D-ieu. La communauté est l'armée de D-ieu et ceci est déclaré lorsque l'on sonne des trompettes.
C'est pourquoi, il est bon de remarquer au passage que les trompettes aussi sont façonnées d'une seule pièce. Elles annoncent la souveraineté de D-ieu et en même temps, elles nous rappellent sa singularité, qu'Il est Un.
En général, toutes les mitsvoth servent à nous rappeler constamment que c'est l'Eternel qui nous les a ordonné. Néanmoins, il y a plusieurs mitsvoth qui sont désignées plus spécifiquement à nous rappeler notre but ultime et la souveraineté de D-ieu. Ceci inclut le Shéma, la mézouza et les Tsitsith.
Chacun de nous vit une bataille permanente, ballotté entre son bon et son mauvais penchant. Ce dernier essaye sans arrêt de forcer la personne à oublier son but et sa destinée, qui est son Roi et qui il sert. Le monde matériel lui-même joue le même rôle, par sa nature propre à voiler l'existence et la souveraineté divine. Nos Sages de mémoire bénie nous enseignent que le mot "Olam" qui signifie "monde" en hébreu provient de la même racine que le mot "hé'élam" qui signifie "caché". Ainsi donc le "monde cache" l'existence et la souveraineté de D-ieu.
De plus, l'âme d'une personne et le potentiel de sainteté qui se trouve en lui est enfermé et caché à l'intérieur de son corps physique. Pour qu'il parvienne à atteindre son potentiel, beaucoup, beaucoup de commandements lui sont nécessaires. Ils lui rappellent constamment Qui les lui a commandé. Voici dans le même ordre d'idées en quels termes s'exprime Rabbi Moshé 'Haïm Luzzato dans son livre "Méssilat Yésharim": "il existe beaucoup de mitsvoth afin que nous apprenions à craindre l'Eternel notre D-ieu et afin de ne pas oublier nos obligations envers Lui, car notre environnement est constamment en train d'essayer de détourner notre attention."
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
La prière de la Amida est composée de trois sections. Les trois premières bénédictions forment la première section et les trois dernières, la dernière section. Les treize bénédictions du milieu forment la section du milieu.
La première bénédiction de la dernière section s'appelle "retsé", dont en voici une partie traduite: "et Veuille accepter nos prières avec amour..."
Dans la bénédiction qui la précède, la dernière bénédiction de la section du milieu qui commence par les mots "Shéma Kolénou", il est écrit "et accepte volontiers et avec miséricorde nos prières..."
Apparemment, ces deux supplications sont très semblables. Pourquoi se répètent-elles? De plus pourquoi le concept de "miséricorde" lié à l'acceptation de nos prières apparaît à un endroit et pas à l'autre.
La réponse à ces deux questions peut être comprise quand on prend en compte le contexte dans lequel la bénédiction de "retséh" est formulée. A cet endroit, nous demandons la restauration du service du Temple. "Restaure le culte dans le Sanctuaire de ta Maison...et accepte gracieusement leur prière avec amour".
Dans le futur, le Temple sera appelé une maison de prières pour toutes les nations (voir Isaïe 56:7). Au moment de l'inauguration du temple, le Roi Salomon pria (I Rois 8:30-38): "Oui, tu entendras les supplications de Ton serviteur et de Ton peuple Israël, proférées en ce lieu...Et ils loueront Ton Nom, et ils Te prieront et Te supplieront dans cette Maison et Toi Tu les entendras... Et ils prieront en direction de cette place...si quelque membre de Ton peuple d'Israël Te supplie et T'implore, chacun connaissant la plaie de son coeur et étendant les mains vers cette Maison..."
En d'autres termes, le Temple est une place d'une extrême importance et de considération spéciale pour Israël, pour les tous les peuples du monde et pour D-ieu Lui-même. C'est pourquoi, il convient que nos prières soient acceptées volontiers.
Cependant, la supplication qui apparaît dans la bénédiction "shéma kolénou" est destinée pour toutes les places et pour toutes les époques, et pas spécialement dans le Temple. Elle inclut notre époque en exil quand chaque personne pleure vers D-ieu de tout son être, ne trouvant pas de place dans son coeur pour y faire briller ses prières. Cette supplication demande ainsi de la miséricorde pour être acceptée par D-ieu.
Rabbi Eliezer nous enseigne (Bera'hot 32b) que depuis la destruction du Temple, les portes de la prière sont fermées, comme il est écrit (Lamentations 3:8): "En vain je crie et j'appelle au secours, il ferme tout accès à ma prière". Puisque le Temple a été détruit, nos prières ne peuvent être acceptées qu'avec miséricorde.
(Avodat Levav)
HISTOIRE DE NOS SAGES
Une froide nuit d'hiver, une charrette chargée de marchandises entra dans la ville de Vilna. Le cocher ne savait pas où aller loger à une pareille heure de la nuit. Cependant, il se réjouit lorsqu'il aperçu une lueur venant d'une des maisons. Il frappa à la porte avec l'espoir qu'on l'accepterait pour la nuit. La porte s'ouvrit et la personne qui se tenait en face de lui n'était autre que le Gaon de Vilna.
Le Tsadik invita le cocher dans une chambre chaude. Il lui offrit à manger et à boire et prépara pour lui un lit pour dormir. Le cocher était très touché et suivait chacun des gestes du Gaon. Soudain il lui demanda: "Rebbe, vais-je mériter une part du monde futur?"
Le Gaon de Vilna lui demanda: "Est-ce que dans ce monde, vous avez une part?"
Le cocher se mit à pleurer à chaudes larmes et dit: "Qu'est-ce que j'ai dans ce monde? Je voyage d'un endroit à l'autre toute la semaine. Je n'ai pas une minute pour me reposer. Je suis si incommodé que je n'ai même pas l'occasion de prier comme il faut. Et avec tous ces efforts, je gagne difficilement ma vie. De plus je sens que ma force décline petit à petit. Rabbi, est-ce que cela s'appelle avoir une part dans ce monde?"
Maintenant c'était au tour du Gaon de pleurer amèrement. Il dit: "Mon cher ami, si ce monde dans lequel vous travaillez si dur pour gagner votre vie ressemble à ce vous décrivez, alors de quoi sera fait le monde à venir dont vous ne faites rien pour le gagner?"
EDUQUER NOS ENFANTS
Le Gaon, Rabbi Yé'hiel Mi'haël Feinstein s'exprima lors d'une assemblée d'éducateurs. Il souligna l'importance fondamentale que la tradition de la Torah comprenne les commentaires de nos Sages et voici un extrait de son discours:
"Un des fondements primordiaux de l'éducation de la Torah est l'impératif des professeurs de partager les sources de nos traditions, dont les Rabbis de l'époque étaient comme des anges. Les enseignants ne devraient pas se tourner vers de nouveaux commentateurs dont la crainte du Ciel est de bien piètre niveau et dont la Torah n'est pas pour eux une vraie source de vie. Bien qu'il semblerait au premier abord que cette nouvelle créativité peut rendre la compréhension et les explications plus faciles, on doit se rappeler que les commentaires sont les matériaux fondamentaux de la construction de la néshama d'un enfant. Les commentaires de nos Rabbis touchent au plus profond des racines de leur coeur, les racines qui tendent vers la sainteté, alors que d'autres commentaires touchent d'autres racines.
Nous devons étudier selon les commentaires que nous avons reçu des pères de nos pères. Un enfant juif doit absorber avec le lait de sa mère les cinq livre du Pentateuque avec les commentaires de Rashi. Il acquerra ainsi de solides bases de foi et de sainteté. Ce ne sera pas le cas pour celui qui aura manqué d'apprendre ces notions élémentaires.
Quand des élèves arrivèrent à la Yéshiva de Mir d'Allemagne et des Etats-Unis, le mashgia'h (surveillant), Rabbi Yeru'ham, commença par enseigner le 'houmach avec Rashi. Il expliqua que dans ces pays, les enfants n'avaient pas appris avec leurs enseignants d'une manière convenable et il leur manquait donc des notions fondamentales de foi, alors que les élèves qui avaient suivi la bonne vieille méthode éprouvée du 'Héder étaient déjà versés dans la connaissance du 'Houmash Rashi. La déficience des élèves de provenance d'Allemagne et d'Amérique était évidente dans leurs manières et dans la compréhension de la Torah à tous les niveaux. C'est pourquoi il tint à combler cette lacune.
Cette étude dont on parle en ce moment purifie et sanctifie un enfant. Elle nettoie son esprit et son coeur et imbibe son sang des racines de la foi et du vrai judaïsme. De plus, elle aiguise son esprit et le prépare aux grandeurs de la Torah. N'importe qui qui étudie le Pentateuque (les cinq livres de la Torah) avec le commentaire de Rashi comme un enfant est mieux préparé qu'un adulte à étudier un passage compliqué du Rambam, ou à révéler une vraie innovation dans la Torah.
Je vais vous relater ce qu'un sincère baal téshouva, le scribe, Rabbi 'Haïm Lieberman zal a raconté une fois. Quand il était jeune et étudiait dans une école laïque, il rencontra un juif religieux, un 'hassid, avec qui il était en contact. Ce dernier commença une fois à parcourir tout le casier de 'Haïm où il trouva des livres de science écrits en russe et des livres de philosophie qui dont le contenu était absolument hérétique. Néanmoins, il les survola en silence jusqu'à ce qu'il tomba sur une Bible sans le commentaire de Rashi. C'est seulement à ce moment qu'il s'exclama: "'Haïm, il n'y a pas de remède à ton cas!"
Rabbi 'Haïm conclut: "Je ne savais pas à quel point il avait raison, jusqu'à ce que je m'en rende compte plus tard de mes propres yeux!"
(Mishel Ha'avot, ch.1)
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