'HOUKAT
LA PARACHA DE LA SEMAINE: 'HOUKAT
Dans la paracha de cette semaine, nous apprenons la mitsvah de la "Para Adouma", c'est-à-dire, de la purification en aspergeant les cendres de la vache rousse. Cette mitsvah est un exemple classique de 'hok, c'est-à-dire de statut décrété par D-ieu et dont la compréhension est au dessus de l'esprit humain. Concernant ce statut, D-ieu dit: "J'ai décrété ainsi et vous n'avez pas la permission de demander pourquoi".
L'un des aspects les plus incroyables de cette mitsvah, c'est l'eau dans laquelle les cendres de la vache brûlée sont jetées. Cette eau est appelée "eau purificatrice". Lorsqu'elle était aspergée sur une personne, elle avait le pouvoir de la purifier de l'impureté contractée au contact d'un mort. Cependant l'eau elle-même était spirituellement impure. N'importe qui entrant en contact avec elle et qui n'avait pas besoin d'être purifié devenait spirituellement impur, comme s'il avait touché un reptile ou quelqu'un d'autre d'impur.
Essayons de comprendre quelque chose à propos de la nature particulière des lois de la vache rousse, comment est-il possible que la même chose puisse purifier ou souiller. Bien que nous n'aillions pas le droit de se poser des questions sur la raison divine d'accomplir une mitsvah, nous pouvons essayer de comprendre sa signification. Cela ressemble à un assaisonnement que l'on met sur la nourriture afin d'en enrichir le goût et d'augmenter l'appétit.
La racine de la "touma" (impureté spirituelle) est l'orgueil. Une personne orgueilleuse se sépare de D-ieu. A la place de remettre la royauté à D-ieu, il l'accapare pour lui. Il prétend que: "C'est ma propre force, c'est le pouvoir de mon bras qui m'a valu cette richesse" (Dévarim 8:17). De plus, il est dit à propos de celui qui est hautain: "Lui et Moi ne peuvent pas se tenir à la même place".
Le type d'existence indépendante imaginée par ceux qui sont fiers d'eux-mêmes est diamétralement opposée à la gloire divine qui remplit tout l'univers. La gloire de D-ieu efface la définition de toute autre chose. Tout est, pour ainsi dire, absorbé par la lumière fabuleuse de la gloire divine et s'efface devant elle. Devant l'Eternel, rien d'autre existe.
La contradiction entre la gloire divine, d'un côté et sa propre identité, de l'autre, produit ce concept d'impureté spirituelle. Elle est de plus indiquée par la valeur numérique du mot hébreu "Ani" ("je" en français) dont la valeur numérique est 65, la même chose que le mot "touma" (impureté) qui vaut aussi 65. En d'autres termes, plus il y a de "je", moins la gloire de D-ieu est révélée, est c'est ceci le fondement spirituel de la touma.
Inversement, le contraire de la souillure, c'est la pureté, basée sur l'idée de "bitoul", d'annulation spirituelle devant D-ieu. Alors la révélation de D-ieu est maximisée, et son "je" est diminué. Cela implique, de plus, le retour aux sources du "soi" vers son Créateur et l'être humain qui parvient à cela devient un autre aspect de la révélation divine.
Il a aussi été expliqué que la même idée est révélée lorsqu'une personne s'immerge au mikvé. Elle est alors cachée, pour ainsi dire, par l'eau, c'est comme si elle retournait aux sources et disparaissait avec elles. C'est pourquoi, selon notre explication, elle a le pouvoir de purifier.
Concernant la mitsvah de la vache rousse, il est écrit: "on apportera, pour l'homme à purifier, deux oiseaux vivants, purs; du bois de cèdre, de l'écarlate et de l'hysope" (Vayikra 14:4). Nos Sages nous expliquent que la cause de la lèpre est l'orgueil, tandis que l'hysope est une plante basse. Ainsi, cela fait allusion à l'annulation de la fierté, qui est la source de la lèpre et de la souillure. De même, le mot "hébreu" qui exprime un fils écarlate est "tola'at" qui signifie aussi "ver", autre indication de petitesse et de d'annulation de sa fierté et de son orgueil.
La purification de la lèpre est l'antidote à l'orgueil et la cérémonie similaire impliquée dans la préparation de la vache rousse est aussi une allusion au même but.
De plus, comme nous avons vu, plusieurs aspects de la mitsvah de la vache rousse contredisent la logique humaine. L'eau et les cendres souillent une personne qui est pure et qui les touche, mais aspergée sur une personne impure, cela la purifie. En résumé, elle purifie l'impur et impurifie le pur.
Quand une personne entre en contact et suit les lois d'une chose qui contredit sa raison humaine, alors elle abandonne un des plus importants facteurs maintenant sa propre identité. Elle subjugue son esprit au commandement divin, à une logique incompréhensible, plus haute et plus exaltée que lui. Il n'y a pas de plus grand "bitoul" et d'annulation à sa propre identité que cela. Et cet acte, en soi, est une raison de son retour à un état de pureté.
Le Roi Salomon affirma concernant la raison profonde du commandement de la vache rousse: "Je voudrais me rendre maître de la sagesse! Mais elle s'est tenue loin de moi." (Ecclésiastes 7:23). Quand le Roi Salomon pensa qu'il était assez sage pour comprendre comment les cendres de la vache rousse purifient une personne, alors il s'aperçut finalement qu'en tentant à saisir ce secret avec son esprit humain il ne ferait qu'essuyer un échec, et repousserait plus loin des limites de sa compréhension les secrets de cette mitsvah.
C'est alors qu'il réalisa: "Il n'y a pas de sagesse excepté Ta sagesse, il n'y a pas de compréhension excepté Ta compréhension. Ta grandeur ne peut pas être sondée et Ta compréhension est sans limité". Alors seulement, il comprit la signification de la vache rousse.
Avec cet aperçu, nous pouvons aussi saisir ce que nos Sages ont expliqué sur le verset: "Avertis les enfants d'Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut" (Bamidbar 19:2). Rebbe Yossé, le fils de Rabbi 'Hanina dit: "D-ieu dit à Moshé, je vais te révéler la signification de la mitsvah de la vache rousse, mais pour tous les autres juifs, ce sera un 'hok (commandement au-delà de la raison humaine). Comme Moshé Rabénou était la personne la plus humble qui ait jamais existé, il parvint à comprendre la signification de la vache rousse.
PRIERE DE NOTRE BOUCHE
"Et à Jérusalem, Ta, ville, retourne avec miséricorde..."
Le Lévoush écrit que la quatorzième bénédiction de la prière de la Amida est clôturée par "...Bâtisseur de Jérusalem".
Les hommes de la Grande Assemblée ont institué cette bénédiction en correspondance aux anges qui priaient: "Bénis Sois-Tu, Eternel, qui construit Jérusalem", lorsque Shlomo construit le Saint Temple.
La bénédiction a été instituée pour suivre celle qui évoque le soutien et le refuge des Tsadikim. Ceci, car la réelle exaltation des Tsadikim a lieu à Jérusalem, comme il est écrit: "Présentez vos saluts de paix à Jérusalem. Qu'ils soient heureux, ceux qui t'aiment!" (Psaume 122:6).
Le neuvième jour du moi d'Av, nous ajoutons dans nos prières, "que D-ieu console les endeuillés de Sion..."
Le Yéarot Dvash, explique que cette bénédiction et celle qui suit, "Tséma'h David..." - "Fais vite éclore le germe de David, Ton serviteur..." doit être prononcée avec un flot de larmes ininterrompu pour le Temple et pour le retour de la gloire de la maison de David. Ce sont les accomplissements ultimes de la perfection humaine. Si nous n'avons pas Jérusalem et la royauté de David, alors pourquoi sommes-nous vivants?
Jérusalem est appelée le Trône de D-ieu. Le trône du royaume de Shlomo aussi a été appelé le Trône de D-ieu, comme il est écrit: "Shlomo s'assit sur le Trône de D-ieu" (I Chroniques 29:23). Il fut construit dans la ressemblance d'un véhicule surnaturel.
Les anges pleurent et se lamentent jour et nuit sur la destruction de Jérusalem. Ils ne demeureront pas silencieux et ils figurent parmi les endeuillés de Sion. C'est pourquoi, comment peut-on rester muet et ne pas pleurer sur la profanation du Nom de D-ieu qui eut lieu quand Jérusalem fut détruite et quand le royaume de la maison de David fut dévasté. Chacun doit dire dans son coeur: "mon D-ieu, j'offre ma vie pour la sanctification de Ton Nom. Si je ne suis pas méritant de voir la construction de Sion et le retour du royaume de David, qui sanctifiait Ton Nom, alors que je meure pour sanctifier Ton Nom et je ne verrai pas l'échec de la reconstruction de Jérusalem et l'insuccès de la gloire de la maison de David à germer. Aie pitié sur Tes enfants qui sont humiliés et dispersés en exil, qui souffrent pour l'unité et la sanctification de Ton Nom".
HISTOIRE DE NOS SAGES
"Ils pleurèrent Aaron quarante jours, toute la maison d'Israël" (Bamidbar 21:29). Nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué concernant ce verset, que tous deux, hommes et femmes, ont pleuré Aaron, parce ce dernier recherchait la paix et encourageait l'amour entre le peuple qui se disputait, et entre le mari et sa femme.
Une riche femme de la communauté de Yassi en Roumanie, vint une fois chez le Rav de la ville, Rabbi Israël Gutmann zal. Il constata tout de suite l'amertume sur son visage et l'entendit au son de sa voix.
Elle dit: "Rabbi, je ne plus supporter les tourments que mon mari me cause. Je n'en peux plus. Je partirai pas d'ici avant que vous ne me promettiez d'arranger pour moi un divorce".
"D'accord, j'arrangerai pour vous le divorce" répondit le Rabbi sur un ton apaisant, "mais vous devrez remplir une condition selon mes instructions"
"Laquelle?" demanda la femme.
Le Rebbi dit: "Vous irez chaque vendredi avant Shabbath dans les maisons des pauvres de la ville pour leur distribuer de la viande et du pain en l'honneur de Shabbath. Après un mois on arrangera le divorce".
La femme accepta et partit. Après un mois, elle ne retourna pas chez le Rabbi. Ce dernier la fit appeler et lui demanda pourquoi elle n'était pas revenue après un mois?
Elle répondit: "Par le mérite de votre sagesse, j'ai vu les choses différemment. Lorsque j'ai commencé à visiter les maisons des pauvres, j'ai vu chez eux de vrais problèmes. Je me suis rendu compte que ces gens ont des difficultés bien pire que les miennes, et j'ai décidé de ne pas divorcer".
EDUCATION DES ENFANTS
Une femme devrait être scrupuleuse de prier matin, après-midi et soir. A la fin de ses prières, sa supplication principale devrait être adressée pour ses garçons et ses filles. Elle devrait prier qu'ils deviennent des juifs craignant D-ieu et que ses fils réussissent dans l'étude de la Torah. Le mérite principal de la femme dans le monde à venir consiste à ce que ses enfants servent D-ieu, font Sa volonté et Le craignent. Lorsqu'elle est dans sa maison éternelle et ses enfants craignent le Tout-Puissant dans leur coeur, quand ils étudient et accomplissent les mirsvoth, c'est considéré comme si elle accomplissait toutes ses mitsvoth de son vivant et c'est une des plus grande récompense dans le monde futur.
(Iguéret Téshouva, Rabénou Yonah 79)
Quand une femme donne la charité, elle devrait prier au même moment avec des mains propres que ses enfants deviennent des personnes craignant D-ieu et qu'ils réussissent dans la Torah et les mitsvoth. Les prières d'une personne sont spécialement acceptées lorsqu'il accomplit une mitsvah.
(ibid. 80)
L'allumage des bougies de Shabbath est un commandement obligatoire pour les femmes. Au moment de l'allumage, la femme devrait prier que ses enfants émanent la lumière de la Torah. La prière est plus acceptée au moment où la personne accomplit une mitsvah, et par le mérite des bougies de Shabbaht, qui rayonnent, elle méritera d'avoir des enfants attachés à la Torah, qui rayonne, comme il est écrit: "Car le devoir est un flambeau, la doctrine une lumière" (Proverbes 6:23).
(le commentaire de Rabénou Bé'haya à la Parasha Yitro, sur le verset "...adresse ce discours à la maison de Jacob" (Exode 19:3) cité dans le Mishna Berourah 263:2)
Il convient de préciser que le mérite agit beaucoup et la prière aussi. C'est le contraire de ce que les gens pensent quand ils disent que l'éducation des jeunes dans la Torah et les mitsvoth et les chemins de D-ieu ne dépendent que de leur père. Ils prétendent de plus que seul celui qui grandit avec son père deviendra une respectable personne, parce ce que son père va lui enseigner des choses bénéfiques, tandis que ce ne sera pas le cas pour celui qui n'a pas de père ou qui grandit loin de lui. Cependant, cette conception est erronée.
Nous avons vu beaucoup de gens dont les père et les mère les délaissèrent, et malgré tout, ils devinrent des sages accomplis. De plus, beaucoup ont grandi avec leur père, mais n'ont pas appris de lui la bonne conduite et les voies qu'il faut suivre dans la vie. Ceci car cela dépend du mérite et des supplications vers D-ieu d'avoir une descendance de Tsadikim servant l'Eternel, allant dans Ses chemins et gravissant les degrés de perfection et d'achèvement.
(Commentaire de l'Alshi'h sur I Samuel 2:12)
Quand une vieille édition du livre des Psaumes appartenant à la mère du 'Hafetz 'Haïm, la tsadékette, fut apporté au Rav, il fut très ému et commença à pleurer. Il dit: "Réalisez-vous combien de larmes ma mère a versé devant D-ieu sur ce livre afin que son fils devienne un bon juif?"
Le Gaon Rabbi Eliezer Man Sha'h expliqua qu'il fallait un mérite spécial pour qu'un livre réussisse à être diffusé et soit accepté par le public; parfois, ceci est accompli par des larmes de la mère de l'auteur.
Le Kéhilat Yaakov explique que parfois, on voit un grand talmid 'ha'ham et tsadik qui vient d'une très simple maison. C'est parce que l'une de ses grand-mères a déversé son coeur en larmes et en prières afin que sa descendance mérite la Torah. Si cela n'aida pas pour son fils, alors cela vient en aide pour ses petits-enfants. La première génération issue de la grand-mère n'a pas encore vu ses petits-enfants. Ils pensèrent sur la base de leur étroite vision, que leurs prières étaient sans effet et perdues devant le Tout-Puissant, D-ieu nous en préserve. En fin de compte, il devint clair qu'aucune prière demeure sans réponse. Si elle n'était pas répondue immédiatement, alors elle était exaucée au temps de ses enfants ou de ses petits-enfants.
(Séfer Si'hot 'Haïm, et voir plus loin dans 'Hayé Olam, pt.1, chap. 28, qui a aussi été rédigé par Kéhilat Yaakov)
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