PINHAS
LA PARACHA DE LA SEMAINE: PINHAS
Dans la paracha de la semaine, nous apprenons que le geste vengeur de Pin'has apaisa la jalousie de D-ieu qui s'éveilla par la fraternisation des juifs avec les filles de Moab. En conséquence de son action, l'Eternel dit à Pin'has: "Je lui accorde mon alliance de paix". (Dévarim 25:12).
Toutes les guerres du monde sont un résultat d'une confusion et d'un désaccord sur les frontières. Si un parti clame son droit de propriété qui est en fait dans la frontière de l'autre parti, alors la paix est rompue.
Le plus grand danger survient lorsque les frontières ne sont pas clairement définie et que l'appartenance des territoires est incertaine. C'est là où le feu se déclare.
Dieu octroya à Pin'has son alliance de paix, car l'acte de vengeance de Pin'has, accomplit pour la sanctification divine, clarifia à nouveau les frontières (de la sainteté d'Israël). Par cet acte, chacun réalisé l'ampleur des péchés qui avaient été commis. Les frontières étaient de nouveau clarifiées et rétablies. Confusion et incertitude furent bannies. Ainsi, la paix fut restaurée.
Si quelqu'un vous dit qu'il n'est pas de ceux animés d'une jalouse ferveur comme Pin'has, c'est-à-dire qu'il n'est pas quelqu'un qui accomplit avec une extrême rigueur et dans tous les détails les mitsvoth et le service divin, mais il préfère aller dans une voie plus modérée, dans une voie intermédiaire, qui est appelé "le chemin d'or", alors dites-lui qu'il est aussi un extrémiste et un fervent zélé. Bien qu'il ne soit pas un extrémiste à rechercher sans arrêt à accomplir de nouvelles mitsvoth, il est probablement très strict quand il arrive au moment de ses repas ou autres conforts. Comment se fâche-t-il si son repas n'est pas servi exactement à l'heure. Ou si il n'est pas apprêté comme il faut et selon ses goûts particuliers.
Et même s'il n'est pas sévère sur des choses aussi grossières, alors comme réagit-il quand son honneur est sali, ou de quoi est-il capable afin que son honneur ne soit pas mis en cause ou diminué par rapport à ce qui lui est dû?
C'est pourquoi, il semble que chaque personne à sa jalouse ferveur de sa propre manière, et chaque empiétement sur les frontières qu'il s'est défini tout seul équivaut à une déclaration de guerre. Même ses amis et ses parents qui ont appris à reconnaître les limites qu'il a fixé, feront bien attention de ne pas les dépasser.
La question qui se pose est quelle est sa souplesse? Dans quel mesure est-il capable de faire un compromis?
Le contraire de cette question est le suivant: qu'est-ce qui est important dans la vie d'une personne, sur quoi concentre-t-il sa vie? On peut résumer tout cela par le slogan suivant: "Dis-moi dans quoi tu es strict et je te dirais qui tu es!".
Bien entendu, l'intention de ces propos est de suggérer que chacun peut faire ce test sur lui-même.
PRIERES DE NOTRE BOUCHE
"Ecoute notre voix, ô Eternel notre D-ieu..."
Dans le traité Taanit, il est dit que Shmouel Hakatan décréta un jeune public. La pluie commença à tomber avant le lever du soleil (c'est-à-dire avant que le jeûne commença). Les gens pensèrent que c'était à par le mérite de la communauté, que la pluie était tombée, mais Shmouel Hakatan leur raconta la parabole suivante:
Un serviteur demanda au roi un cadeau. Le roi dit: "Donnez-le lui tout-de-suite et que je n'entende plus sa voix".
C'est pourquoi, nous prions: "Ecoute notre voix, ô Eternel notre D-ieu..." et ensuite nous demandons: "...Aie pitié de nous et sois compatissant".
Une autre interprétation de la prière "Ecoute notre voix" est le sous-entendu que bien que nous ne connaissons pas les kavanot (les intentions profondes de la prière) et les secrets des mots, néanmoins nous prions que D-ieu entende nos supplication jusqu'à Lui. C'est pourquoi il y a un double langage de supplication: "Aie pitié de nous et sois compatissant". C'est comme si nous faisions deux requêtes que nous faisons ici, correspondant à deux déficiences. La première est notre pauvreté mentale et la deuxième est la déficience que nous demandons à D-ieu de combler.
Pour cette raison, nous continuons, demandant: "accueille avec miséricorde et avec grâce notre prière". Là aussi, nous utilisons un double langage: "miséricorde" correspondant à la pauvreté de nos besoins et "grâce" correspondant à notre pauvreté spirituelle. Malgré cela, nous implorons "Que ce soit Ta volonté".
HISTOIRE DE NOS SAGES
C'était l'usage, dans la ville de Nicholsberg que les invités importants qui venaient dans la ville soient honorés par l'occasion d'y donner une drasha (exposé de Torah) devant toute la communauté. Ainsi quand Rabbi Yaakov de Lissa arriva à Nicholsberg, il était aussi invité à donner une drasha.
Le Rabbi de Nicholsberg, le fameux Gaon Rabbi Mordé'hai Bennet, attendait la drasha du Gaon de Lissa. En conséquence, tous ses élèves l'attendaient aussi.
La drasha du Rabbi de Lissa était pleine de profondeur et de sagesse, et surprit tout ceux qui l'entendirent. Le Rabbi de Lissa répondit tout aussi brillamment à toutes les kouchioth (questions) que l'audience lui posa. A la fin, Rabbi Mordé'hai Bennet, le Rabbi de Nicholsberg proposa une réfutation sérieuse, qui semblait contredire entièrement la structure élaborée de l'exposé donna par Rabbi Ya'akov.
Le Rabbi de Lissa n'essaya pas de répondre à cette réfutation. Il descendit du podium et retourna à sa place sans n'ajouter un mot de plus.
Quand Rabbi Mordé'hai Bennet retourna chez lui, il révisa mentalement le discours de rabbi Ya'akov. C'est alors qu'il réalisa que la réfutation qu'il avait faite par la suite, à laquelle Rabbi Ya'akov n'avait pas répondu, n'était pas fondée du tout, et que le contenu de la drasha avait fourni suffisamment d'éléments pour démonter la réfutation de Rabbi Bennet.
Sans hésitation, Rabbi Mordé'hai Bennet rassembla tous ses étudiants et allèrent trouver Rabbi Yaakov là où il logeait. Il voulait justifier en public, la grandeur et le bien-fondé de son exposé. Après avoir présenté les excuses qui convenaient, Rabbi Bennet demanda au Gaon de Lissa pourquoi il n'avait pas répliqué à sa réfutation?
Rabbi Yaakov dit: "Bien que je savais que j'avais raison, je ne voulus pas répliquer car je ne voulais pas mettre dans l'embarras le Rabbi de Nicholsberg face à ses élèves. Que D-ieu nous préserve que les juifs de la communauté viennent à penser que leur Rabbi n'est pas un grand érudit en Torah. Il valait qu'ils pensent que l'invité était un ignorant!"
EDUQUER NOS ENFANTS
Il arriva une fois, que le saint Rabbi, l'auteur du No'am Elimelech, le Rav Elimele'h de Lizensk, embaucha un enseignant pour ses enfants. Bien entendu, ce dernier était un érudit accompli et craignant D-ieu véritablement. S'il méritait d'être employé comme enseignant pour les enfants du Rabbi Elimele'h de Lizensk, c'était certainement une personne au dessus de la moyenne. Cependant les enfants du Rabbi ne voulurent pas étudier avec lui. Même en les punissant cela ne changea rien. Ils ne voulaient pas étudier avec leur nouvel enseignant.
Quand le fait parvint aux oreilles du Rabbi Elimele'h, il fit une enquête sur le passé de l'enseignant et sur le caractère de la personne. Il apprit qu'il était un homme craignant D-ieu véritablement et sa dévotion divine était vraiment exceptionnelle. Le Rabbi était stupéfait de voir que ses enfants ne voulaient pas apprendre avec lui.
Le Rabbi l'appela et discuta avec lui du problème. C'est ainsi qu'il apprit que cet enseignant était jeune garçon, il apprit aussi quelques matières profanes. Le Rabbi dit: "C'est la raison pour laquelle mes enfants ne désirent pas étudier avec vous. Bien que vous ayez corrigé vos influences que la littérature profane a exercé sur vous, le mauvais penchant a néanmoins laissé en vous une empreinte que vous n'avez pas entièrement extirpé. Mes enfants l'ont senti et c'est pourquoi ils ne veulent pas étudier avec vous".
Cet enseignant, qui a été embauché dans la maison du saint et divinement inspiré Rabbi Elimele'h, devait certainement être un juif de carrure et d'érudition remarquable. Toutefois, regardez ce qui lui arriva à cause de ce qu'il a appris de la bouche d'un enseignant qui connaissait les matières profanes, quand il était un jeune garçon. C'est pourquoi, que pouvons-nous dire aux parents qui confient leurs enfants à des enseignants qui ne craignent pas D-ieu, et qui lisent des ouvrages plein d'hérésie et qui permettent de les lire à leurs élèves et d'étudier dedans. Que diront-ils lorsque viendra le jour du Grand Jugement, quand D-ieu passera en revue tous leurs péchés. Qui sait si tous les feux de l'enfer seront une punition suffisante pour leur terrible péché?
N'importe qui faisant preuve d'un petit peu de crainte du Ciel dans son coeur doit investir toutes ses forces pour s'assurer que ses enfants soient confiés à des enseignants craignants D-ieu. Il doit le faire à n'importe quel prix, même si pour payer ses enseignants il faudra qu'il aille demander la charité...
Après cela, même si pour une raison ou une autre connue de D-ieu seul, les enfants ne poursuivent pas le chemin de nos pères, à la fin, ils se repentiront et feront téshouva. L'impression qu'un enseignant laisse sur les enfants ne peut jamais être perdue complètement. C'est quelque chose reste gravé à jamais, si les parents ne tentent pas de le détruire par quelque moyen, D-ieu nous en préserve.
(Shomer Emounim, Emouna ch. 4)
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