PARASHA HAAZINOU
HAAZINOU
Après ces évènements... Yom Kippour est d
éjà passé, chacun a pu effectivement s'épurer et se purifier, selon ses mér
ites, sa position, ses dispositions; nous avons mérité le pardon, l'absolut
ion et la grâce du Créateur, et s'il plaît à D., nous aurons une bonne anné
e. Et maintenant? Quelle est maintenant notre obligation? Avons-nous termin
é notre travail? Rappelons ce que dit le Midrash Tanh'ouma, section Nasso,
ch.12, concernant le verset "Or, le jour où Moshé eut achevé de dresser le
tabernacle..." où le mot "or", en Hébreu Vay, se lit comme un soupir: Il ét
ait un roi qui avait une femme querelleuse. Le roi lui dit: faites-moi un m
anteau de pourpre. Elle se mit à l'oeuvre.
Tant qu'elle était occupée, elle
ne disputait pas. Une fois l'ouvrage terminé, elle le présenta devant le ro
i. Le roi vit le travail, qui lui plut beaucoup, et il poussa un profond so
upir. Sa femme lui dit: Monseigneur, pourquoi ce soupir? J'ai pris grande p
eine à remplir votre volonté, et vous soupirez? Le roi lui répondit: Votre
ouvrage me plaît beaucoup, et pourtant... pendant que vous étiez occupée, v
ous ne vous emportiez pas avec moi et vous ne m'iritiez pas, mais maintenan
t que vous êtes désoeuvrée, je crains fort que vous allez me mettre en colèr
e. De même, D. dit: Tant que Mes enfants étaient occupés à la construction
du tabernacle, ils ne se plaignaient pas, mais maintenant ils vont recommen
cer à se plaindre. C'est pourquoi il est dit "Or, le jour où Moshé eut ache
vé de dresser le tabernacle..." comme dans un soupir.
N'est-ce pas étonnan
t? Ce grand jour est décrit dans le Talmud (Méguilla 10) comme un jour de b
onheur semblable au jour où D. créa le ciel et la terre. Rashi dans son com
mentaire de la Torah (Bamidbar 7:1) écrit: "Le jour où le tabernacle fut dr
essé, Israel était semblable à une fiancée sous le dais nuptial". Et pourta
nt, malgré cette joie immense et merveilleuse d'accueillir la Présence Divi
ne dans le tabernacle, une joie semblable à celle des biens-aimés et égale
à celle de la création, il reste encore de la place pour une tristesse que
toute cette joie n'est pas capable d'effacer! Que s'est-il donc passé? Qui
sait? Il se peut que justement, lorsque l'homme se sent l'âme et l'esprit c
omblés, qu'il se sent proche de D. - justement de tels moments peuvent être
suivis par un ramollissement dans son service de D. et une chute de son ex
altation. Il en est ainsi dans notre cas. Parfois, la pleinitude que l'on r
essent à Yom Kippour peut devenir malheureusement la cause d'une telle regr
ession, à D. ne plaise.
Qu'en est-il vraiment, quelle est l'attitude corre
cte? Comment nous sentons-nous après Yom Kippour et les dix jours de repent
ir? Ne sommes nous pas soulagés d'avoir mérité de faire teshouva et de nous
être quelque peu purifiés? A y regarder de plus près, nous voyons que c'es
t justement le contraire qui est vrai. Prenons pour exemple un chauffeur de
taxi qui s'est trouvé dans un accident. Il est blessé, sa voiture est endo
mmagée, une plainte a été déposée contre lui en justice, son permis de cond
uire est suspendu en attendant les résultats de l'enquête... il est évident
qu'il s'occupe tout d'abord de sa propre santé et de son rétablissement, e
nsuite de la réparation de sa voiture endommagée, après quoi des honoraires
d'un avocat réputé qui tentera de prouver son innocence devant le tribunal
. Et puis, après quelque temps, grâce à D., il est complètement remis de so
n accident, sa voiture est enfin réparée, il est acquitté et son permis de
conduire lui est rendu. Il sort maintenant du tribunal, heureux d'avoir obt
enu gain de cause. Va-t-il pour autant rentrer chez lui fêter ce succès et
arrêter de travailler? Pas du tout! Après avoir été innocenté et restitué à
son poste comme par le passé, il est certain qu'il va reprendre son travai
l avec un entrain accru et plein de joie.
Il en est de même après avoir fa
it teshouva. Le moment est maintenant venu de se ceindre les reins de nouve
au, de recommencer à pratiquer les commandements avec une énergie redoublée
, avec un grand amour et beaucoup de grande joie. Ce n'est pas le moment de
se laisser aller à l'indifférence et de se contenter du repentir, du pardo
n et de la grâce. Au contraire, c'est maintenant que commencent les efforts
, après la purification et la teshouva. A présent, l'homme est comme un nou
veau-né, il s'est corrigé et il est en mesure de faire les mitzvot - le mom
ent est venu de reconstruire, d'ouvrir une nouvelle page, de multiplier les
mitzvot et les bonnes actions selon la volonté de D., Béni Soit-Il. Amen.
CE QUE DIT LA LOI LA MITZVA D'HABITER LA SOUKA
1) Il est écrit dans la
Sainte Torah: "Vous demeurerez dans les tentes durant sept jours". Il faut
faire de la souka sa demeure principale et y habiter de la même façon que
l'on habite sa maison le reste de l'année. Durant ces sept jours, l'homme d
oit faire de sa maison une demeure provisoire, et de la souka sa demeure fi
xe, c'est à dire qu'il doit considérer la souka comme sa maison, y passer l
e plus de temps possible, et ne rentrer dans sa maison qu'en cas de force m
ajeure.
2) En quoi consiste la mitzva? Il faut manger, boire et habiter la
souka pendant sept jours, que ce soit le jour ou la nuit, de même que l'on
habite chez soi le reste de l'année. Il faut faire ses repas et dormir dan
s la souka pendant ces sept jours, de jour comme de nuit, et il est interdi
t de dormir hors de la souka ne serait-ce qu'un petit somme, mais il est pe
rmi de consommer un repas frugal hors de la souka. La mesure d'un repas fru
gal ne dépasse pas la quantité représentée par un oeuf avec une tranche de p
ain. Il est permi de boire et de manger des fruits hors de la souka. Celui
qui est plus rigoureux et s'interdit de boire ne serait-ce qu'un verre d'ea
u hors de la souka est digne de louanges. Il faut aussi étudier dans la sou
ka, mais s'il y a des dérangements qui empêchent de se concentrer, il est p
ermi de poursuivre son étude dans le Beit Midrash. Si l'on a de quoi parler
avec un ami, il faut le faire dans la souka, si des gens viennent rendre v
isite, il faut les recevoir dans la souka, et si la souka est assez grande,
qu'on y fasse même ses promenades.
3) Il faut soigner et décorer la souk
a, comme on décore sa maison. C'est pourquoi on a coutume de couvrir les cl
oisons intérieures de la souka avec des tentures (car en fin de compte, la
souka n'est faite que pour sept jours et il n'est pas possible de la peindr
e effectivement comme on peindrait les murs de la maison). Il est aussi d'u
sage de suspendre des décorations sous le toit de verdure, et on place dans
la souka des ustensibles agréables, des belles couvertures et de jolis meu
bles, et non pas les chaises à moitié cassées que l'on a à la maison. Il es
t interdit de faire dans la souka des travaux prosaïques, c'est pourquoi dè
s que le repas est terminé, il faut sortir les assiettes sales, et il n'y a
pas à faire la vaisselle dans la souka (toutefois, cette rigueur ne s'appl
ique pas aux verres); de même, il faut veiller à ne pas apporter des casser
oles dans la souka.
4) Il ne faut pas considérer à la légère la mitzva de
la souka. En effet, de toutes les mitzvot, c'est la seule que l'homme fait
avec tout son corps, et à chaque instant de présence dans la souka, il est
entièrement occupé par cette grande et importante mitzva. Les personnes qui
durant cette fête, ne pénètrent la souka qu'à l'heure des repas mais passe
nt le reste de leur temps dans leur maison ne savent pas ce qu'elles perdent.
5) Il y a toutefois des circonstances qui dispensent de la souka. Par e
xemple, celui qui souffre, qu'il soit malade ou en cas de pluie, est dispen
sé de la souka, comme il est écrit dans le Shoulhan Arouh, chapitre 640. Qu
iconque est dispensé de cette obligation et pourtant, ne sort pas de la sou
ka ne reçoit pas de récompense, et de telles personnes sont tout simplement
ignorantes (selon l'expression du Rama, chapitre 639, paragraphe 7). Ceci
dit, celui qui est dispensé de la souka ne doit pas en sortir avec joie, en
pensant "D. merci, je suis exempté" - une telle attitude n'est pas celle d
u peuple Juif qui se pare de mitzvot, mais celle, typique, des peuples du m
onde (comme l'explique le Talmud, Avoda Zara 3). Au contraire, il doit regr
etter de ne pas pouvoir remplir ce devoir qui lui est cher, et y renoncer s
ans renoncer à sa foi. D. acceptera alors sa bonne pensée comme s'il avait
effectivement accompli la mitzva.
NOS PRIERES LA PRIERE DE MOUSSAF DES FETES
"Nous ne pouvons pas nous présenter et nous prosterner devant Toi pou
r nous acquitter de nos devoirs.... à cause de la main mise sur Ton sanctua
ire". Le Divrei Shaul dans son Siddour remarque: "De quelle main et de quel
le mainmise s'agit-il? Il semble qu'il s'agisse de cette main dont il est d
it: "sa main s'attaque au trÖne de l'Eternel". Le Nom de D. n'est pas compl
et et Son Trône n'est pas affermi tant que la correction n'est pas faite, e
t c'est pourquoi le Temple est jusqu'à ce jour une désolation, à cause de n
os fautes".
"Trois fois par an, tous tes hommes paraîtront devant l'Eternel
ton D.... chacun donnera selon ses moyens, selon les bénédictions que l'Et
ernel ton D. t'aura dispensées" (Devarim 16:16-17). Rashi (ad. loc.) commen
te: "Celui qui a de grandes richesses apportera un grand nombre de sacrific
es". Le Yétiv Lev donne une autre indication. Nous savons qu'apporter les s
acrifices enseigne essentiellement à être prêt à se sacrifier soi-même au l
ieu de cet animal, si telle était la volonté de D. Béni soit-Il.
C'est ce
que disent les Sages concernant le verset "Celui d'entre vous qui apportera
un sacrifice...": "d'entre vous", c'est à dire: vous serez vous-mêmes ce s
acrifice à D. Les offrandes Olah et Réayah apportées au moment des fêtes no
us font accepter de tout coeur de nous sacrifier pour l'amour de D. C'est po
urquoi il nous est ordonné de monter au Temple, car c'est là que les coeurs
s'ouvrent. Celui qui ne se présente pas lui-même dans le Temple s'offre en
sacrifice avec les membres, mais son coeur est vide. C'est ce qui est écrit:
"Que l'on ne paraisse pas les mains vides en présence du Seigneur...", que
les coeurs ne soient pas vides en venant au Temple, mais que chacun ressent
e, "selon ses moyens" - que les sentiments de chacun soient proportionnels
à ses moyens.
"Selon les bénédictions que l'Eternel ton D. t'aura dispensée
s". Le Hatam Sofer écrit à ce sujet: Nous sommes commandés de ne pas nous p
résenter devant D. les mains vides, nous devons apporter un sacrifice. De m
ême que D. nous ordonne de ne pas venir les mains vides, de même D. ajoute
à chacun la prospérité et l'abondance qu'il mérite. Tel est le sens de "Qu
e l'on ne paraisse pas les mains vides en présence du Seigneur. Chacun donn
era selon ses moyens, selon les bénédictions que l'Eternel ton D. t'aura di
spensées".
"Manifeste sur nous la Gloire de Ton règne...". Il est dit au n
om du Gaon de Vilna que les six mots "Béni soit Son règne pour toujours" co
rrespondent aux six ailes des anges. Les deux ailes qui chantent la Gloire
de D. correspondent aux mots Kavod Malh'outeh'a (la Gloire de Ton règne), e
t les Sages disent (H'aguiga 13b) que "deux (anges) survolent en deux bonds
". Ceux-là ne sont pas comptés ici, et nous prions D. de manifester la Gloi
re de Son règne sur nous, afin de les restituer.
LES GESTES DES GRANDS
"J'ai résolu de leur montrer Ma colère, d'effacer leur souvenir d'entre le
s hommes" (Devarim 32:26).
AVNER
Le Ramban avait un élève du nom de Avner
, qui prit le mauvais chemin. Il renia sa foi et devint ministre auprès du
roi d'Espagne. Il advint qu'une année, le jour de Kippour, cet élève manda
le Ramban d'urgence. En arrivant, le Ramban voit cet élève abattre un cocho
n d'un coup de couteau, le cuire et en manger. Après quoi il lui demande: "
Rabbi, combien de transgressions ai-je commises aujourd'hui?" "Quatre", rép
ondit le Ramban. "Qu'est-ce qui t'as amené à renier la Torah de Moshé?" "To
i-même!" répondit le ministre renégat avec assurance. "Une fois, je t'ai en
tendu expliquer la section Haazinou. Tu as dit qu'il est fait allusion dans
cette section à tous les commandements et à toutes les affaires de ce mond
e. Mais, as-tu ajouté, il faut l'aide du Ciel pour comprendre toutes les al
lusions et tous les secrets cachés dans cette section. J'ai entendu tes par
oles" poursuit l'ancien élève, "et cela m'a semblé une chose impossible: co
mment tous les évènements du monde, impossibles à compter, peuvent-ils être
mentionnés dans une seule section de la Torah?!
J'ai été pris de doute et
je suis devenu un autre homme". "Malgré tout" répondit le Ramban, "je répèt
e et je maintiens que la section Haazinou fait allusion à tous les évènemen
ts du monde. Si tu ne me crois pas, pose-moi des questions et je te répondr
ai". "Bien", dit l'élève qui savourait déjà sa victoire. "Où se trouve mon
nom, Avner, dans la section?" A cet instant, D. plaça un verset de la secti
on Haazinou dans la bouche du Ramban: "J'ai résolu de leur montrer Ma colèr
e, d'effacer leur souvenir d'entre les hommes". "Tu comprends ce verset?" d
it-il à l'intention de cet élève. "D. dit: Je vais les détruire, effacer le
ur souvenir de la mémoire des hommes. Vois: les troisièmes lettres de chaqu
e mot forment ton nom, Avner. "En entendant cela, ce même Avner fut saisi d
'effroi. Il comprit que non seulement le verset indique son nom, mais aussi
sa nature profonde. Il s'embarqua précipitemment sur un bateau, tout seul,
et vogua là où le vent l'emportait... personne ne sait ce qu'il est devenu.
EDUCATION
"Est-ce Lui qui a condamné Ses enfants? Non, c'est leur p
ropre indignité, ô race perverse et tortueuse!" (Devarim 32:5).
Il est des
gens qui n'observent pas eux-mêmes la voie de la Torah, qu'ils considèrent
sans importance pour eux-mêmes, mais ils exigent de leurs enfants une cond
uite conforme à la Torah et au Judaïsme, et si leurs enfants prennent un ma
uvais chemin, ils en sont navrés.
Ces gens-là se trompent amèrement. Car e
nfin, ils devraient comprendre que tout comme ils exigent de leurs enfants
d'aller dans le bon chemin, D. exigent d'eux, en tant que Ses enfants à Lui
, une conduite droite. Lorsque les enfants voient que leurs parents n'écout
ent pas la voix de leur Père Divin, ils refusent eux aussi d'écouter la voi
x de leur père et ils se dégradent en prenant le mauvais chemin.
C'est ce q
u'exprime notre verset: il indique celui qui est lui-même pervers, ce qui l
e laisse indifférent, tandis que si ses enfants se conduisent mal, il consi
dère cela comme une tare et une lacune. Un tel homme se trompe, il est dan
s l'erreur. "Est-ce ainsi que vous payez D. en retour?" Car enfin, vous fai
tes la même chose envers D. N'est-Il pas "ton père, ton créateur?" Et puisq
ue tu es Son enfant, Il te demande d'aller dans le bon chemin et de te cond
uire correctement. Si tu n'écoutes pas la voix de ton Père, comment oses-tu
exiger de tes enfants qu'ils t'obéissent? Si tu veux des enfants bons et d
roits, essaye toi-même d'être bon et droit. Si tu obéis à la voix de ton Pè
re Divin, tes enfants obéiront à ta voix... (Shaar Bat Rabim).
L'homme peu
t demander le pardon des fautes qu'il a commises par passion. Il a la possi
bilité de plaider qu'il n'a pas eu assez de force pour résister à ses mauva
is penchants - "car D. connaît notre nature, Il se souvient que nous ne som
mes que poussière". Mais il n'a aucune excuse concernant les fautes commise
s par manque de foi, à cause de pensées hérétiques, car en cela, les passio
ns n'interviennent pas...
Selon l'éducation que quelqu'un donne à ses enfa
nts, nous pouvons savoir si ses fautes découlent de ses passions, ou de son
manque de foi. Si ses fautes ne sont que la conséquence de l'emprise de se
s désirs, au moins il essaye d'éduquer ses enfants dans le bon et droit che
min, mais s'il manque de foi, il pervertit ses enfants en leur enseignant d
es idées fausses.
Il n'y a pas à attribuer cette perversion à une quelconqu
e volonté Divine pour avoir créé le mauvais penchant et en faire une excuse
, car enfin, à leurs enfants, on voit que les parents portent la responsabi
lité d'avoir fauté par manque de foi, et non pas spécifiquement par passion
... (Ktav Sofer)
Il est des gens qui sont apparemment fidèles à la Torah e
t à la tradition, et il est impossible de leur trouver une faute quelconque
. Pourtant, leur faille intérieure se dévoile dans l'éducation qu'ils donne
nt à leurs enfants. Un Juif qui donne à ses enfants une éducation étrangère
aux voies de la Torah, révèle que son attachement au Judaïsme est superfic
iel, qu'il en pratique les lois par habitude, mais dans son for intérieur,
en son âme, il est loin du vrai Judaïsme.
C'est ce que dit notre verset. M
ême si aucune perversion ne lui est connue, et même s'il se conduit comme u
n "bon" Juif, ses enfants révèlent qu'il a une faille cachée. En ce qu'il é
lève "une race perverse et tortueuse", il devient évident qu'en fait, il es
t lui-même défectueux... (Avney Ezel).
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