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Rabbi N. Spector avec l'un de ses élèves... "Excuse-moi, Rebbe, excuse-moi. J'ai une question. Est-il permis de mettre les téfilines lorsque l'on n'est pas circoncis?" L'époque: Hiver 5737 (1976)... La place: la cafétéria des étudiants juifs à Paris... Je dévisageais le jeune homme se trouvant en face de moi; grand, de bonne présentation, typiquement français, très sérieux. Mes pensées firent un saut 13 ans en arrière, lorsque j'étais étudiant à l'académie militaire au Texas, parlant avec l'un de mes professeurs. "Mr. Spector, est-ce que vous réalisez quelle merveilleuse tradition votre peuple possède?" Je regardai mon professeur, un homme instruit, qui avait réussi dans sa carrière et qui était non-juif. Que demandait-il? Que voulait-il de moi? Confus, je baissai ma tête et murmurai: "Non, Monsieur, je n'ai aucune idée!' "Qu'aurai-je pu lui répondre? Je grandis dans une très petite communauté juive au Texas. Mes connaissances générales à propos du judaïsme étaient très précaires. Et le comble dans tout cela était que jusqu'à cet instant, je n'avais jamais accordé aucune attention au fait que je ne connaissais presque rien sur mon peuple, sur le judaisme et sur la raison pour laquelle j'étais juif. Ma mémoire sauta à quelques années plus tard, lorsque j'avais déjà commencé à prendre au sérieux ma condition spirituelle. C'était en l'année 5726 (1967), j'étudiais alors à la Yéshiva universitaire à NewYork. Soudain, je réalisais combien j'étais encore loin de mes traditions, combien j'étais encore loin d'être religieux. Il y en avait tant d'autres qui étaient comme moi... Je me souviens d'un débat avec un autre étudiant dans ma classe à l'époque. Je clamais: "Sans un cours, comment est-il possible de tenir une conversation à propos de religion avec un non-juif? " Et je pensais dans mon for intérieur: "Comment est-il possible de parler avec un autre juif?" Je regardais l'étudiant français qui se tenait en face de moi, et je lui dit: "S'il vous plaît, asseyez- vous. Je serai heureux de parler avec vous."
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